10
LOUIS XIV
du bel air , et cela n’empêchait pas que les mêmesdames ou princesses qui soupaient avec d’autres àsa table le même jour ne fussent obligées , sous lesmêmes peines , d’y faire aussi bonne contenanceque si elles n’avaient mangé de la journée. Aveccela, d’aucuns besoins il n’en fallait point parler,outre que pour des femmes ils auraient été très-embarrassants avec les détachements de la maisondu roi et les gardes du corps devant et derrière lecarrosse, et les officiers et les écuyers aux por-tières, qui faisaient une poussière qui dévorait toutce qui était dans le carrosse. Le roi, qui aimaitl’air, en voulait toutes les glaces baissées, et auraittrouvé fort mauvais que quelque dame eût tiré lerideau contre le soleil, le vent ou le froid. Il nefallait seulement pas s’en apercevoir, ni d’aucuneautre sorte d’incommodité : on allait toujours ex-trêmement vite , avec des relais le plus ordinaire-ment. Se trouver mal était un démérite à n’y plusrevenir.
J’ai ouï conter à la duchesse de Chcvreuse, quele roi a toujours fort aimée et distinguée , et qu’ila, tant qu’elle l’a pu, voulu avoir toujours dans sesvoyages et dans ses particuliers, qu’allant dans soncarrosse avec lui de Versailles à Fontainebleau, illui prit au bout de deux lieues un de ces besoinspressants auxquels on ne croit pas pouvoir résister.Le voyage était tout de suite, et le roi arrêta en