ET SA COUR.
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chemin pour dîner sans sortir de son carrosse. Cesbesoins , qui redoublaient à tous moments, ne sefaisaient pas sentir à propos, comme à cette dînée,où elle eût pu descendre un moment dans la mai-son vis-à-vis. Mais le repas, si ménagé qu’elle leput faire, redoubla l’extrémité de son état. Prêtepar moments à être forcée de l’avouer et de mettrepied à terre, prête aussi très-souvent à perdreconnaissance, son courage la soutint jusqu’à Fon-tainebleau où elle se trouva à bout. En mettantpied à terre, elle vit le duc de Beauvilliers, arrivéde la veille avec les enfants de France, à la por-tière du roi. Au lieu de monter à sa suite , elle pritle duc par le bras, et lui dit qu’elle allait mourirsi elle ne se soulageait. Ils traversèrent un bout dela cour ovale, et entrèrent dans la chapelle decette cour, qui heureusement se trouva ouverte, etoù on disait des messes tous les matins. La nécessitén’a point de loi ; Mme de Chevreuse se soulageapleinement dans cette chapelle , derrière le duc deBeauvilliers qui en tenait la porte. Je rapporte cettemisère pour montrer quelle était la gène qu’éprou-vait journellement ce qui approchait le roi avec leplus de faveur et de privance, car c’était alorsl’apogée de celle de la duchesse de Chevreuse. Ceschoses, qui semblent des riens, et qui sont desriens en effet, caractérisent trop pour les omettre.Le roi avait quelquefois des besoins, et ne se con-