ET SA COUR.
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Mine la duchesse de Bourgogne était grosse ;elle était fort incommodée. Le roi voulait aller àFontainebleau contre sa coutume, dès le commen-cement de la belle saison, et l’avait déclaré. Il vou-lait ses voyages de Marly en attendant. Sa petite-fille l’amusait fort, il ne pouvait se passer d’elle ,et tant de mouvement ne s’accommodait pas avecson état. Mme de Maintenon en était inquiète, Fa-gon en glissait doucement son avis. Cela importu-nait le roi, accoutumé à ne se contraindre pourrien, et gâté pour avoir vu voyager ses maîtressesgrosses, ou à peine relevées de couches, et tou-jours alors en grand habit. Les représentations surles Marly le chicanèrent sans les pouvoir rompre.Il différa seulement à deux reprises celui du lende-main de la Quasimodo , et n’y alla que le mercredide la semaine suivante, malgré tout ce qu’on putdire et faire pour J’en empêcher, ou pour obtenirque la princesse demeurât à Versailles.
Le samedi suivant, le roi se promenant aprèssa messe, et s’amusant au bassin des carpes entrele château et la perspective, nous vîmes venir àpied la duchesse du Lude toute seule, sans qu’il yeût aucune dame avec le roi, ce qui arrivait rare-ment le matin. 11 comprit qu’elle avait quelquechose de pressé à lui dire, il fut au-devant d’elle ,et quand il en fut à peu de distance, on s’arrêta,et on le laissa seul la joindre. Le tète-à-tête ne fut