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LOUIS XIV.
traignait pas de mettre pied à terre. Alors lesdames ne bougeaient de carrosse.
Mme deMaintenon, qui craignait fort l’air et biend’autres incommodités, ne put gagner là-dessusaucun privilège. Tout ce qu’elle obtint, sous pré-texte de modestie et d’autres raisons, fut de voya-ger à part ; mais, en quelque état qu’elle fût, ilfallait marcher, et suivre à point nommé, et setrouver arrivée et rangée avant que le roi entrâtchez elle. Elle fit bien des voyages à Marly dans unétat à ne pas faire marcher une servante. Elle en fitun à Fontainebleau qu’on ne savait pas véritable-ment si elle ne mourrait pas en chemin. En quel-que état qu’elle fût, le roi allait chez elle à sonheure ordinaire, et y faisait ce qu’il avait projeté;tout au plus elle était dans son lit, plusieurs foisy suant la fièvre à grosses gouttes. Le roi, qui ,comme on l’a dit, aimait l’air, et qui craignait lechaud dans les chambres, s’étonnait en arrivant detrouver tout fermé , et faisait ouvrir les fenêtres,et n’en rabattait rien , quoiqu’il la vît dans cet état,et jusqu’à dix heures qu’il s’en allait souper, etsans considération pour la fraîcheur de la nuit.S’il devait y avoir musique, la fièvre, le mal detête n’empêchaient rien; et cent bougies dans lesyeux. Ainsi le roi allait toujours son train, sanslui demander jamais si elle n’en était point incom-modée.