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LOUIS XIV
merveilles de la vue, l’immense plain-pied d’uneforêt toute joignante, unique encore par la beautéde ses arbres , de son terrain, de sa situation , l’a-vantage et la facilité des eaux de source sur cetteélévation, les agréments admirables des jardins,des hauteurs et des terrasses, qui tes unes sur lesautres se pouvaient si aisément conduire danstoute l’étendue qu’on aurait voulu, les charmes etles commodités de la Seine ; enfin, une ville toutefaite et que sa position entretenait par elle-même :il l’abandonna pour Versailles, le plus triste et leplus ingrat de tous les lieux, sans vue , sans bois,sans eau, sans terre, parce que tout y est sablemouvant ou marécage, sans air, par conséquentqui ne peut être bon.
11 se plut à tyranniser la nature, à la dompter àforce d’art et de trésors. Il y bâtit tout l’un aprèsl’autre, sans dessin général; le beau et le vilainfurent cousus ensemble, le vaste et l’étranglé. Sonappartement et celui de la reine y ont les dernièresincommodités, avec les vues des cabinets et detout ce qui est derrière les plus obscures , les plusenfermées, les plus puantes. Les jardins dont lamagnificence étonne, mais dont le plus léger usagerebute, sont d’aussi mauvais goût. On n’y est con-duit dans la fraîcheur de l’ombre que par une vastezone torride, au bout de laquelle il n’y a plus, ouquoi que ce soit, ou qu’à monter et à descendre ;