ET SA COUR.
19
et avec la colline, qui est fort courte, se terminentles jardins. La recoupe y brûle les pieds, maissans cette recoupe on y enfoncerait ici dans lessables, et là dans la plus noire fange. La violencequi y a été faite partout à la nature repousse etdégoûte malgré soi. L’abondance des eaux for-cées et ramassées de toutes parts les rend vertes,épaisses, bourbeuses ; elles répandent une humiditémalsaine et sensible, une odeur qui l’est encoreplus. Leurs effets, qu’il faut pourtant beaucoupménager, sont incomparables ; mais de ce tout, ilrésulte qu’on admire et qu’on fuit. Du côté de lacour, l’étranglé suffoque, et ses vastes ailes s’en-fuient sans tenir à rien. Du côté des jardins, onjouit de la beauté du tout ensemble, mais on croitvoir un palais qui a été brûlé, où le dernier étageet les toits manquent encore. La chapelle qui l’é-crase , parce que Mansart voulait engager le roi àélever le tout d’un étage, a de partout la triste re-présentation d’un immense catafalque. La main-d’œuvre y est exquise en tous genres, l’ordonnancenulle;.tout y a été fait pour la tribune, parce quele roi n’allait guère en bas, ot celles des côtés sontinaccessibles, par l’unique défilé qui conduit àchacune. On ne finirait point sur les défauts mon-strueux d’un palais si immense, et si immensé-ment cher, avec ses accompagnements qui le sontencore davantage.