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LOUIS XIV
pas, quels qu’ils fussent, la liberté de s’en absenterun quart d’heure, ni de manquer eux-mêmes unquart d’heure de service sur les travaux. La guerreenfin les interrompit en 1688 , sans qu’ils aient étérepris depuis; il n’en est resté que d’informes mo-numents qui éterniseront cette cruelle folie.
A la fin, le roi, lassé du beau et de la foule, sepersuada qu’il voulait quelquefois du petit et de lasolitude. Il chercha autour de Versailles de quoi sa-tisfaire ce nouveau goût. Il visita plusieurs endroits,il parcourut les coteaux qui découvrent Saint-Ger-main et cette vaste plaine qui est au bas, où laSeine serpente et arrose tant de gros lieux et derichesses en quittant Paris. On le pressa de s’arrê-ter à Lucienne, où Cavoie eut depuis une maisondont la vue est enchantée, mais il répondit quecette heureuse situation le ruinerait, et que, commeil voulait un rien, il voulait aussi une situation quine lui permît pas de songer à y rien faire.
Il trouva derrière Lucienne un vallon étroit, pro-fond, à bords escarpés, inaccessible par ses maré-cages , sans aucune vue, enfermé de collines detoutes parts, extrêmement à l’étroit, avec un mé-chant village sur le penchant d’une de ces collinesqui s’appelait Marly. Cette clôture sans vue, nimoyen d’en avoir, fit tout son mérite. L’étroit duvallon où on ne se pouvait étendre y en ajoutabeaucoup. Il crut choisir un ministre, un favori, un