ET SA COUR.
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général d’année. Ce fut un grand travail que dedessécher ce cloaque de tous les environs qui y je-taient toutes leurs voiries, et d’y apporter desterres.
Ce n’était que pour y coucher trois nuits du mer-credi au samedi, deux ou trois fois l’année, avecune douzaine au plus de courtisans en charges lesplus indispensables.
Peu à peu l’ermitage fut augmenté, d’accroisse-ments en accroissements les collines taillées pourfaire place et y bâtir, et celle du bout largementemportée pour donner au moins une échappée devue fort imparfaite. Enfin, en bâtiments, en jar-dins, en eaux, en aqueducs, en ce qui est si connuet si curieux sous le nom de machine de Marly, enparc, en forêt ornée et renfermée, en statues, enmeubles précieux, Marly est devenu ce qu’on le voitencore, tout dépouillé qu’il est depuis la mort duroi. En forêts toutes venues et touffues qu’on y aapportées en grands arbres de Compïègne, et debien plus loin sans cesse, dont plus des trois quartsmouraient, et qu’on remplaçait aussitôt ; en vastesespaces de bois épais et d’allées obscures, subite-ment changées en immenses pièces d’eau où on sepromenait en gondoles, puis remises en forêts àn’y pas voir le jour dès le moment qu’on les plan-tait (je parle de ce que j’ai vu en six semaines) ; enbassins changés cent fois ; en cascades de même à