ET SA COUR.
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sang de même trempe, à commencer par le grandCondé , devenu la frayeur et la bassesse même,jusque devant les ministres, depuis son retour à lapaix des Pyrénées ; M. le Prince son fils, le plusvil et le plus prostitué de tous les courtisans ; M. leDuc, avec un courage plus élevé, mais farouche,féroce, par cela même le plus hors de mesure depouvoir se faire craindre, et avec ce caractère,aussi timide que pas un des siens, à l’égard du roiet du gouvernement ; des deux princes de Coiiti siaimables, l’aîné mort sitôt, l’autre avec tout sonesprit, sa valeur, ses grâces, son savoir, le cri pu-blic en sa faveur jusqu’au milieu de la cour, mou-rant de peur, et de tout accablé sous la haine duroi, dont les dégoûts lui coûtèrent enfin la vie.
Les plus grands seigneurs lassés et ruinés deslongs troubles, et assujettis par nécessité. Leurssuccesseurs séparés, désunis, livrés à l’ignorance,au frivole, aux plaisirs, aux folles dépenses, etpour ceux qui pensaient le moins mal, à la for-tune, et dès lors à la servitude et à Tunique am-bition de la cour. Des parlements subjugués àcoups redoublés, appauvris, peu à peu l’anciennemagistrature éteinte avec la doctrine et la sévéritédes mœurs, farcis en la place d’enfants de gensd’affaires, de sots du bel air, ou d’ignorants pé-dants, avares, usuriers, aimant le sac, souventvendeurs de la justice, et de quelques chefs glo-