ET SA COUR.
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qu’elle le soutint souvent auprès du roi, et; de l’a-veu du roi même, contre de rudes atteintes aux-quelles sans cela il aurait succombé, et on l’a suplus d’une fois par Mme de Maintenon, par Mme laduchesse de Bourgogne, par M. le comte de Tou-louse, et par les valets intérieurs.
Mme la duchesse de Bourgogne s’était acquis unetelle familiarité avec le roi et avec Mme de Maintenon,que tout en leur présence elle furetait leurs papiers,les lisait, et ouvrait jusqu’à leurs lettres. Cela s’é-tait tourné en badinage et en habitude. Un jour,étant chez Mme de Maintenon, et le roi n’y étantpas, elle se mit à paperasser sur un bureau, deboutet à quelques pas d’où Mme de Maintenon était as-sise, qui lui cria plus sérieusement qu’à l’ordinairede laisser là ses papiers. Cela même aiguisa la cu-riosité de la princesse, qui, .toujours bouffonnantmais allant son train, trouva une lettre ouverte,mais ployée, entre les papiers, où elle vit son nom.Surprise, elle lut une demi-ligne, tourna le feuillet,et vit la signature de Mme d’Espinoy. A cettedemi-ligne, et plus encore à la signature, elle rou-git et devint interdite. Mme de Maintenon, qui la
voyait faire, et qui apparemment ne l’en empêchait
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pas, comme elle l’aurait pu si absolument elle l’eûtvoulu, ne fut pas, apparemment, fâchée de la dé-couverte. « Qu’avez-vous donc, mignonne? lui dit-elle, et comme vous voilà ! Qu’avez-vous donc vu? »