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LOUIS XIV
Voilà la princesse encore plus embarrassée. Commeelle ne répondait point, Mme de Maintenon se levaet s’approcha d’elle comme pour voir ce qu’elleavait trouvé. Alors la princesse lui montra la signa-ture. Mme de Maintenon lui dit : « Eh bien ! c’estune lettre que Mme d’Espinoy m’écrit. Voilà ce quec’est que d’être si curieuse; on trouve quelquefoisce qu’on ne voudrait pas ; >> puis prenant un autreton : * Puisque vous l’avez vue, madame, ajouta-t-elle, voyez-la tout entière, et si vous êtes sage, pro-fitez-en; » et la força de la lire d’un bout à l’autre.C’était un compte que Mme d’Espinoy rendait àMme de Maintenon des quatre ou cinq dernièresjournées de Mme la duchesse de Bourgogne, mot àmol, lieu par lieu, heure par heure, aussi exact quesi elle, qui n’en approchait guère, ne l’eut pasquittée de vue ; dans lequel il était fort question deNangis 1 et de beaucoup de manèges et d’impru-dences. Tout y était nommé, et ce qui est plus sur-prenant qu’une telle instruction même, c’était designer une lettre de cette nature, et pour Mme deMaintenon de ne l’avoir pas brûlée sur-le-champ,ou du moins enfermée. La pauvre princesse pensas’évanouir et devint de toutes les couleurs. Mme deMaintenon lui fit une forte vesperie, lui fit voir que
1. Nangis et Mautévrier, tous deux amants de la Dauphine,et aimés par elle, surtout le premier ; et tous deux, depuis,maréchaux de France.