ET SA COUR.
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qui elle voulait, et que lui-même l’irait chercheret le lui amènerait. Alors elle lui témoigna qu’elleserait bien aise de se confesser à M. Bailly, prêtrede la mission de la paroisse de Versailles. C’étaitun homme estimé, qui confessait ce qui était deplus régulier à la cour, et qui, au langage dutemps, n’était pas net du soupçon de jansénisme ,quoique fort rare parmi ces barbichets. Il confes-sait Mmes du Cjiâtelet et de Nogaret, dames dupalais, à qui quelquefois la Dauphine en avaitentendu parler. Bailly se trouva être allé àParis. La princesse en parut peinée et avoir en-vie de l’attendre; mais, sur ce que lui remontrale P. La Rue qu’il était bon de ne pas perdreun temps précieux qui, après qu’elle aurait reçules sacrements, serait utilement employé par lesmédecins, elle demanda un récollet qui s’appelaitle P. Noël, que le P. La Rue fut chercher lui-mêmeà l’instant, et le lui amena.
On peut imaginer l’éclat que fit ce changementde confesseur en un moment si critique et si re-doutable, et tout ce qu’il fit penser.
La confession fut longue. L’extrême-onction futadministrée incontinent après, et le saint-viatiquetout de suite, que le roi fut recevoir au pied dugrand escalier. Une heure après, la Dauphine de-manda qu’on fît les prières des agonisants....
Un autre fait montrera encore mieux les cruelles