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LOUIS XIV
suites de cette tyrannie du roi, et de son abandon-nement aux jésuites.
Desmarets , en qui, sur la fin du règne, le roiavait été forcé de mettre toute sa confiance pourles finances, imagina d’établir, en sus de tant d’im-pôts , une dîme royale sur tous les biens de cha-que communauté, et de chaque particulier duroyaume. Mais le roi, quelque accoutumé qu’il fûtaux impôts les plus énormes, ne laissa pas des’épouvanter de celui-ci. Depuis longtemps il n’en-tendait parler que des plus extrêmes misères ; cesurcroît l’inquiéta jusqu’à l’attrister d’une ma-nière si sensible , que ses valets intérieurs s’enaperçurent dans les cabinets plusieurs jours desuite, et assez pour en être si en peine, que Ma-réchal, qui m’a conté toute cette curieuse anec-dote, se hasarda de lui parler de cette tristessequ’il remarquait, et qui était telle depuis plusieursjours, qu’il craignait pour sa santé. Le roi luiavoua qu’il sentait des peines infinies, et se jetavaguement sur la situation des affaires. Huit ou dixjours après, et toujours la même mélancolie, leroi reprit son calme accoutumé. Il appela Maré-chal , et, seul avec lui, il lui dit que , maintenantqu’il se sentait au large, il voulait bien lui dire cequi l’avait si vivement peiné, et ce qui avait mislin à ses peines.
Alors il lui conta que l’extrême besoin de ses