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ET SA COUR.
parents pour avoir leurs biens et les laisser mourirde faim ; qui fit passer nos manufactures aux étran-gers, fit'fleurir et regorger leurs États aux dépensdu nôtre et leur fit bâtir de nouvelles villes, quileur donna le spectacle d’un si prodigieux peupleproscrit, nu, fugitif, errant sans crime, cherchantasile loin de sa patrie; qui mit nobles, riches,vieillards, gens souvent très-estimés pour leurpiété, leur savoir, leur vertu, des gens aisés, fai-bles, délicats, à la rame, et sous le nerf très-effectif du comité, pour cause unique de religion;enfin qui, pour comble de toutes horreurs, remplittoutes les provinces du royaume de parjures et desacrilèges, où tout retentissait de hurlements deces infortunées victimes de l’erreur, pendant quetant d’autres sacrifiaient leur conscience à leursbiens et à leur repos, et achetaient l’un et l’autrepar des abjurations simulées, d’où sans intervalleon les traînait à adorer ce qu’ils ne croyaientpoint, et à recevoir réellement le divin corps duSaint des saints, tandis qu'ils demeuraient per-suadés qu’ils ne mangeaient que du pain qu’ilsdevaient encore abhorrer. Telle fut l’abominationgénérale enfantée par la flatterie et par la cruauté.De la torture à l’abjuration, et de celle-ci à la com-munion , il n’y avait pas souvent vingt-quatreheures de distance, et leurs bourreaux étaient leursconducteurs et leurs témoins. Ceux qui, par la