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LOUIS XIV
suite, eurent l’air d’être changés avec plus deloisir, ne tardèrent pas par leur fuite ou par leurconduite à démentir leur prétendu retour.
Presque tous les évêques se prêtèrent à cettepratique subite et impie. Beaucoup y forcèrent; laplupart animèrent les bourreaux, forcèrent lesconversions, et ces étranges convertis à la partici-pation des divins mystères, pour grossir le nombrede leurs conquêtes, dont ils envoyaient les étals àla cour pour en être d’autant plus considérés etapprochés des récompenses.
Les intendants des provinces se distinguèrent àl’envi à les seconder, eux et les dragons, et àse faire valoir aussi à la cour par leurs listes. Letrès-peu de gouverneurs et de lieutenants générauxde provinces qui s’y trouvaient, et le petit nombrede seigneurs résidant chez eux, et qui purenttrouver moyen de se faire valoir à travers les évê-ques et les intendants, n’v manquèrent pas.
Le roi recevait de tous les côtés des nouvelles etdes détails de ces persécutions et de toutes cesconversions. C’était par milliers qu’on comptaitceux qui avaient abjuré et communié : deux milledans un lieu, six mille dans un autre, tout à lafois, et dans un instant. Le roi s’applaudissait de sapuissance et de sa piété. Il se croyait au temps dela prédication des apôtres, et il s’en attribuait toutl’honneur. Les évêques lui écrivaient des panégy-