ET SA COUR.
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riques, les jésuites en faisaient retentir les chaireset les missions. Toute la France était remplie d’hor-reur et de confusion, et jamais tant de triompheset de joie, jamais tant de profusions et de louanges.Le monarque ne doutait pas de la sincérité de cettefoule de conversions ; les convertisseurs avaientgrand soin de l’en persuader et de le béatifier paravance. Il avalait ce poison à longs traits. Il nes’était jamais cru si grand devant les hommes, nisi avancé devant Dieu dans la réparation de sespéchés, et du scandale de sa vie. Il n’entendait quedes éloges, tandis que les bons et vrais catholiqueset les saints évêques gémissaient de tout leur cœurde voir des orthodoxes imiter, contre les erreurs etles hérétiques, ce que les tyrans hérétiques etpaïens avaient fait contre la vérité, contre les con-fesseurs et contre les martyrs. Ils ne se pouvaient,surtout consoler de cette immensité de parjures etde sacrilèges. Ils pleuraient amèrement l’odieuxdurable et irrémédiable que de détestables moyensrépandaient sur la véritable religion, tandis quenos voisins exultaient de nous voir ainsi nous af-faiblir et nous détruire nous-mêmes, profilaient denotre folie, et bâtissaient des dessins sur la haineque nous nous attirions de toutes les puissancesprotestantes.
Mais à ces pariantes vérités le roi était inacces-sible. La conduite même de Rome à son égard ne