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LOUIS XIV
trouva sous sa main. Fénelon, Fleury, sous-préeepteur, qui a donné une si belle Histoire del’Église, quelques gentilshommes de la manche,Moreau, premier valet de chambre, fort au-dessusde son état sans se méconnaître, quelques raresvalets de l’intérieur, le duc de Chevreuse seul dudehors, tous mis en œuvre et tous en même es-prit, travaillèrent chacun sous la direction du gou-verneur, dont l’art, déployé dans un récit, feraitun juste ouvrage également curieux et instructif.Mais Dieu, qui est le maître des cœurs , et dont ledivin esprit souffle où il veut, fit de ce prince unouvrage de sa droite, et entre dix-huit et vingt ans,il accomplit son œuvre. De cet abîme sortit unprince affable, doux, humain, modéré, patient,modeste, pénitent, et, autant et quelquefois audelà de ce que son état pouvait comporter, humbleet austère pour soi. Tout appliqué à ses devoirs etles comprenant immenses, il ne pensa plus qu’àallier les devoirs de fils et de sujet avec ceux aux-quels il se voyait destiné. La brièveté des jours faisaittoute sa douleur. Il mit toute sa force et sa consola-tion dans la prière, et ses préservatifs en de pieuseslectures. Son goût pour les sciences abstraites, safacilité à les pénétrer lui déroba d’abord un tempsqu’il reconnut bientôt devoir à l’instruction deschoses de son état, et à la bienséance d’un rangdestiné à régner, et à tenir en attendant une cour.