ET SA COUR.
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la peine, l’embarras et l’indignation qui se peut ima-giner. Il y eut même lieu de craindre pis d’une po-pulace excitée et crédule, lorsque, le 21 février, ilalla seul donner l’eau bénite au Dauphin. Aussi es-suya-t-il sur son passage les insultes les plus atrocesd’un peuple qui ne se contenait pas, qui lançaittout haut les discours les plus énormes, qui mon-trait au doigt avec les épithètes les plus grossières,que personne n’arrêtait, et qui croyait lui fairegrâce de ne se pas jeter sur lui et le mettre enpièces. Ce fut la même chose au convoi. Les che-mins retentissaient de cris plus d’indignation etd’injures que de douleur. On ne laissa pas deprendre sans bruit quelques précautions dans Pa-ris pour empêcher la fureur publique dont lesbouillons se firent craindre en divers moments.Elle s’en dédommagea par les gestes, les cris, etpar tout ce qui se peut d’atroce, vomi contre M. leduc d’Orléans. Vers le Palais-Royal, devant lequelle convoi passa, le redoublement de huées, de cris,d’injures, fut si violent, qu’il y eut lieu de toutcraindre pendant quelques minutes.
On peut imaginer le grand usage que M. duMaine sut tirer de la folie publique, du retentisse-ment des cafés de Paris, de l’entraînement dusalon de Marly, de celui du parlement, où lepremier président lui rendit religieusement sesprémices, de tout ce qui ne tarda pas à revenir34
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