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LOUIS XLV
attendaient pas, et qui toujours étaient sans aucunrapport ensemble. D’ailleurs nulle chose que descontes de cour, d’aventures, de galanteries ; nullelecture, nulle instruction, ignorance crasse surtout, plates plaisanteries, force vent et parfaitvide. Il traitait avec l’empire le plus dur les per-sonnes de sa dépendance. Il est incroyable les trai-tements continuels que jusqu’à sa mort il a faitscontinuellement à son fds qui lui rendait des soinsinfinis, et une soumission sans réplique, et j’ai supar des amis de Tallard, dont il était fort proche etqu’il a toujours protégé , qu’il le mettait sans cesseau désespoir, même parvenu à la tête de l’armée.Enfin la fausseté, et la plus grande et la pluspleine opinion de soi en tout genre, mettent ladernière main à la perfection de ce trop véritabletableau.
Le duc de Lauzun.
Le duc de Lauzun était un petit homme, blon-dasse , bien fait dans sa taille, de physionomiehaute, pleine d’esprit, qui imposait, mais sansagrément dans le visage, à ce que j’ai ouï direaux gens de son temps ; plein d’ambition, de ca-prices , de fantaisies, jaloux de tout, voulant tou-jours passer le but, jamais content de rien, sanslettres, sans aucun ornement ni agrément dansl’esprit, naturellement chagrin, solitaire, sauvage;