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LOUIS XIV
M. de Vendôme sur sa chaise percée, égaya sonaffaire par des plaisanteries qui firent d’autantmieux rire le général qu’il l’avait préparé par forcelouanges et hommages. Vendôme en usa avec luicomme il avait fait avec l’évêque : il se torcha lecul devant lui. À cette vue, Albéroni s’écrie : •> Oculo d'angelo ! » et courut le baiser. Rien n’avançaplus ses affaires que cette infâme bouffonnerie.
Vendôme, qui finit par mourir dans la disgrâceet dans l’oubli, fut reçu à la cour comme un hé-ros, après sa campagne d’Italie. Il arriva droit àMarly où nous étions, le 12 février. Ce fut une ru-meur épouvantable ; les galopins, les porteurs dechaises, tous les valets de la cour quittèrent toutpour environner sa chaise de poste. A peine montédans sa chambre, tout y courut. Les princes dusang, si piqués de sa préférence sur eux à servir,et de bien d’autres choses, y arrivèrent tous lespremiers. On peut juger si les deux bâtards s’y fi-rent attendre. Les ministres accoururent, et telle-ment tout le courtisan, qu’il ne resta dans le salonque les dames. M. de Beauvillier était à Vaucresson;et pour moi, je demeurai spectateur, et n’allaipoint adorer l’idole.
Le roi, Monseigneur, l’envoyèrent chercher. Dèsqu’il put être habillé parmi cette foule, il alla ausalon , porté par elle plutôt qu’environné. Ce n’estpoint trop dire que tout disparut devant lui, prin-