ET SA COUR.
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naissance. Il traitait à peu près de même ce qu’ily avait de plus grand en Italie, qui avait si souventaffaire à lui. C’est ce qui fit la fortune du fameuxAlbéroni.
Le duc de Parme eut à traiter avec M. de Ven-dôme; il lui envoya l’évêque de Parme, qui setrouva bien surpris d’être reçu par M. de Vendômesur sa chaise percée, et plus encore de le voir selever au milieu de la conférence et se torcher lecul devant lui. II en fut si indigné que, toutefoissans mot dire, il s’en retourna à Parme sans finirce qui l’avait amené , et déclara à son maître qu’iln’y retournerait de sa vie après ce qui lui était ar-rivé. Albéroni était fils d’un jardinier, qui, se sen-tant de l’esprit, avait pris un petit collet pour, sousune figure d’abbé, aborder où son sarreau de toileeût été sans accès. Il était bouffon ; il plut à M. deParme comme un bas valet dont on s’amuse ; ens’en amusant il lui trouva de l’esprit, et qu’il pou-vait n’être pas incapable d’affaires. Il ne crut pasque la chaise percée de M. de Vendôme demandaitun autre envoyé, il le chargea d’aller continuer etfinir ce que l’évèque de Parme avait laissé à achever.
Albéroni, qui n’avait point de morgue à garder,et qui savait très-bien quel était Vendôme, résolutde lui plaire à quelque prix que ce fût, pour venirà bout de sa commission au gré de son maître, ets’avancer par là auprès de lui. 11 traita donc avec