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11e bougea tant qu’il put des spectacles avec uneindécence de filles de ces lieux et du commerce deleur vie et de leurs galants, qu’il poussa publique-ment jusqu’à sa dernière vieillesse, déshonoréepubliquement par ses honteux propos.
Son ignorance, et, s’il en faut dire le mot, sonineptie en affaires était inconcevable dans un hommequi y fut si grandement et si longtemps employé ;il s’égarait et ne se retrouvait plus ; la conceptionmanquait, il y disait tout le contraire de ce qu’onvoyait qu’il voulait dire. J’en suis demeuré souventdans le plus profond étonnement, et obligé à le re-mettre ou parler pour lui plusieurs fois, depuis queje fus avec lui dans les affaires pendant la régence;aucune, tant qu’il lui était possible, ne le détour-nait du jeu, qu’il aimait, parce qu’il y avait tou-jours été heureux, et y avait gagné très-gros, nides spectacles. Il n’était occupé que de se mainte-nir en autorité et laisser faire tout ce qu’il aurait dûfaire ou voir lui-même. Un tel homme n’était guèreaimable, aussi n’eut-il jamais ni amis ni créatures,et jamais homme ne séjourna dans de si grandsemplois avec moins de considération.
Le nom qu’un infatigable bonheur lui a acquispour des temps à venir m’a souvent dégoûté del’histoire, et j’ai trouvé une infinité de gens danscette même réflexion. Les siens ont eu l’imprudencede laisser paraître fort tôt après lui des Mémoires