ET SA COUR.
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point qu’il eut la confidence de l’étrange résolutiond’épouser Mme de Maintenon, et d’être l’un desdeux témoins de la célébration de cet affreux ma-riage. Il eut aussi le courage de s’en montrer digneen représentant au roi quelle serait l’ignominie dele déclarer jamais, et tirer de lui sa parole royalequ’il ne le déclarerait en aucun temps de sa vie,et de faire donner en sa présence la même paroleà Harlay, archevêque de Paris, qui, pour suppléeraux bans et aux formes ordinaires, devait aussicomme diocésain être présent à la célébration.
Plusieurs années après, Louvois, qui était toujours bien informé de l’intérieur le plus intime, etqui n’épargnait rien pour l’être fidèlement etpromptement , sut les manèges de Mme de Main-tenon pour se faire déclarer, que le roi avait eu lafaiblesse de le lui promettre, et que la chose allait *■éclater. Il mande à Versailles l’archevêque de Pa-ris, et, au sortir de dîner, prend des papiers ets’en va chez le roi, et, comme il faisait toujours,entre droit dans les cabinets. Le roi, qui allait sepromener, sortait de sa chaise percée, et raccom-modait encore ses chausses. Voyant Louvois àheure qu’il ne l’attendait pas, il lui demande ce quil’amène. * Quelque chose de pressé et d’impor-tant, » lui répondit Louvois d’un air triste quiétonna le roi, et qui l’engagea à commander à cequi était toujours là de valets intérieurs de sortir.
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