200
LOUIS XIV
premier soin fut de rechercher à qui elle en étaitredevable. Elle n’était pas, de son côté, moins bienavertie que Louvois. Elle apprit enfin ce qui s’étaitpassé, et quel jour, entre le roi et son ministre.
On ne sera pas surpris après cela si elle jura saperte et si elle ne cessa de la préparer jusqu’à cequ’elle en vînt à bout ; mais le temps n’y était paspropre. Il fallait laisser vieillir l’affaire avec un roisoupçonneux, et se donner le loisir des conjonc-tures pour miner peu à peu son ennemi, qui avaittoute la confiance de son maître, et que la guerrelui rendait si nécessaire.
Le personnage qu’avait fait l’archevêque de Parisne lui échappa pas non plus, quelque léger qu’ileût été, et même après coup ; et c’est, pour le direen passant, ce qui creusa peu à peu la disgrâcequi s’augmenta toujours, dont les- dégoûts con-tinuels succédant à une faveur si déclarée et silongue, abrégèrent peut-être ses jours, qui néan-moins surpassèrent de trois ans ceux de Louvois.
A l’égard de ce ministre dont la sultane manquéeavait plus de hâte de se délivrer, elle ne manquaaucune occasion d’y préparer les voies. Celles deces incendies du Palatinat lui fut d’un merveilleuxusage. Elle ne manqua pas d’en peindre au roi ,
toute la cruauté, elle n’oublia pas de lui en faire
%
naître les plus grands scrupules, car le roi en étaitlors plus susceptible qu’il ne l’a été depuis. Elle