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LOUIS X1Y
ne connaissant, ni inonde, ni mesure, ni degrés,ni ménagements, ni qui que ce fût, et à qui tousmoyens étaient bons pour arriver à ses fins. Ilavait achevé de se perfectionner à Rome dans lesmaximes et la politique de sa société, qui pourl’ardeur de son naturel et son roide avait été obli-gée de le renvoyer promptement en France, lorsde l’éclat que fit à Rome son livre mis à l’index.
La première fois qu’il vit le roi dans son cabi-net, après lui avoir été présenté, il n’y avait queBloin et Fagon dans un coin. Fagon, tout voûté etappuyé sur son bâton, examinait l’entrevue et laphysionomie du personnage, ses courbettes et sespropos. Le roi lui demanda s’il était parent deMM. Le Tellier. Le père s’anéantit : « Moi, sire, ré-pondit-il , parent de MM. Le Tellier ! je suis bienloin de cela; je suis un pauvre paysan de basseNormandie, où mon - père était un fermier. » Fa-gon, qui l’observait, jusqu’à ne rien perdre , setourna en dessous à Bloin, et, faisant effort pourle regarder : « Monsieur, lui dit-il en montrant lejésuite, quel sacré..,! » et haussant les épaules,se remit sur son bâton. Il se trouva qu’il ne s’étaitpas trompé dans un jugement si étrange d’un con-fesseur. Celui-ci avait fait toutes les mines, pour nepas dire les singeries hypocrites d’un homme quiredoutait cette place, et qui ne s’y laissa forcer quepar obéissance à sa compagnie.