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LOUIS XIV
la cour à leurs pieds, et auquel Fénelon lut enfuiadmis. 11 eut auprès de Mme de Maintenon presqueautant de succès qu’il en avait eu auprès des deuxducs. Sa spiritualité l’enchanta; la cour s’aperçutbientôt des pas de géant de l’heureux ahhé, ets’empressa autour de lui. Mais le désir d’être libreet tout entier à ce qu’il s’était proposé, et la crainteencore de déplaire aux ducs et à Mme de Mainte-non , dont le goût allait à une vie particulière etfort séparée, lui fit faire bouclier de modestie et deses fonctions de précepteur, et le rendit encoreplus cher aux seules personnes qu’il avait captivées,et qu’il avait tant d’intérêt de retenir dans cet atta-chement.
On sait comment cette faveur se changea en dis-grâce. Nommé archevêque de Cambrai, Fénelon,qui avait rêvé Paris, se vit ensuite confiné dansson diocèse, où son fameux Télémaque rendit sadisgrâce incurable.
Ce prélat était un grand homme maigre, bienfait, pâle, avec un grand nez , des yeux dont lefeu et l’esprit sortaient comme un torrent ; et unephysionomie telle que je n’en ai point vu qui y res-semblât , et qui ne se pouvait oublier quand on nel’aurait vue qu’une fois. Elle rassemblait tout, etles contraires ne s’y combattaient point. Elle avaitde la gravité et de la galanterie, du sérieux et dela gaieté; elle sentait également le docteur, l’évêque