ET SA COUR.
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peu à peu les charmes de sès manières lui rappro-chèrent un certain gros. A la faveur de cette petitemultitude, plusieurs de ceux que la crainte avait, écartés , mais qui désiraient aussi de jeter des se-mences pour d’autres temps, furent bien aises desoccasions de passer à Cambrai. De l’un à l’autretous y coururent. A mesure que Mgr le duc deBourgogne parut figurer, la cour du prélat grossit ;et elle en devint une effective aussitôt que son dis-ciple fut devenu Dauphin. Le nombre des gens qu’ilavait accueillis, la quantité de ceux qu’il avait logéschez lui passant par Cambrai, les soins qu’il avaitpris des malades , des blessés qu’en diverses occa-sions on avait portés dans sa ville, lui avaient ac-quis le cœur des troupes. Assidu aux hôpitaux etchez les moindres officiers, attentif aux principaux,en ayant chez lui en nombre et plusieurs mois desuite jusqu’à leur parfait rétablissement, vigilanten vrai pasteur au salut de leurs âmes, avec cetteconnaissance du monde qui les savait gagner etqui en engageaient beaucoup d’autres à s’adresser àlui-même, ne se refusant pas au moindre des hô-pitaux qui voulait aller à lui, et qu’il suivait commes’il n’eût point d’autres soins à prendre, il n’étaitpas moins actif au soulagement corporel. Les bouil-lons , les nourritures, les consolations des dégoûts,souvent encore les remèdes sortaient en abondancede chez lui ; et dans ce grand nombre un ordre et