ET SA COUR.
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sur luûmême, qui n’avait rien que de touchant etqui ne convînt au lit de la mort à un grand évêque.La sienne, à moins;, de sojxantercinq ans, muniedes sacrements de l’Église, au milieu des siens etde son clergé, put passer pour une grande leçonà ceux qui survivaient, et pour laisser de grandesespérances de celui qui était appelé. La consterna-tion dans tous les Pays-Bas fut extrême. Il y avaitapprivoisé jusqu’aux armées ennemies, qui avaientautant et même plus de soin de conserver sesbiens que les nôtres. Leurs généraux et la cour deBruxelles se piquaient de le combler d’honnêtetéset des plus grandes marques de considération, etles protestants pour le moins autant que les catho-liques. Les regrets furent donc sincères et uni-versels dans toute l’étendue des Pays-Bas. Ses amis,surtout son petit troupeau, tombèrent dans l’abîmede l’affliction la plus amère. A tout prendre,c’était un bel esprit et un grand homme. L’hu-manité rougit pour lui de Mme Guyon, dansl’admiration de laquelle, vraie ou feinte, il a tou-jours vécu, sans que ses mœurs aient jamais étéle moins du monde soupçonnées; et il est mortaprès en avoir été le martyr, sans qu’il ait été ja-mais possible de l’en séparer. Malgré la fausseté no-toire de toutes ses prophéties, elle fut toujours le cen-tre où tout aboutit dans ce petit troupeau, et l’oraclesuivant lequel Fénelon vécut et conduisit les autres.