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LOUIS XIV
eut plus de remèdes ; mais sa tète fut toujourslibre et saine. Il mourut à Cambrai le septièmejour de l’année 1715, au milieu des regrets inté-rieurs, et à la porte du comble de ses désirs. Ilsavait l’état tombant du roi, il savait ce qui le re-gardait après lui.'Il était déjà consulté du dedanset recourtisé du dehors, parce que le goût du soleillevant avait déjà percé. Que de puissants motifs deregretter la vie ! et que la mort est amère dans descirconstances si parfaites et si à souhait de touscôtés ! Toutefois il n’y parut pas. Soit amour de laréputation, qui fut toujours un objet auquel ildonna toute préférence, soit grandeur d’âme quiméprise enfin ce qu’elle ne peut atteindre, soitdégoût du monde si continuellement trompeurpour lui, et de sa figure qui passe et qui allait luiéchapper, soit piété ranimée par un long usage,et ranimée peut-être par ces tristes mais puis-santes considérations, il parut insensible à tout cequ’il quittait, et uniquement occupé de ce qu’ilallait trouver, avec une tranquillité, une paix, quin’excluait que le trouble, et qui embrassait lapénitence, le détachement, le soin unique deschoses spirituelles de son diocèse, enfin avec uneconfiance qui ne faisait que surnager à l’inutilitéet à la crainte.
Dans cet état il écrivit au roi une lettre, sur lespirituel de son diocèse, qui ne disait pas un mot