Mehrbändiges Buch 
Oeuvres Complètes De Molière
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SCÈNE XI. 9

angélique.! mon pauvre petit mari, je ten prie, ouvre-moi, mon cher petit cœur.

le barbouillé. Ah! crocodile! ah! serpent dangereux! tu mecaresses pour me trahir.angélique. Ouvre, ouvre donc.le barbouillé. Adieu, vade rétro, SatanaslAngélique. Quoi ! tu ne mouvriras pas?

LE BARBOUILLÉ. Non.

angélique. Et tu nas point de pitié de la femme qui taime tant?le barbouillé. Non, je suis inflexible; tu mas offensé, jesuis vindicatif comme tous les diables, cest-à-dire bien fort, je suisinexorable.

angélique. Sais-tu bien que si tu me pousses à bout, et que tume mettes en colère, je ferai quelque chose dont tu te repentiras?le barbouillé. Et que feras-tu, bonne chienne?angélique. Tiens, si tu ne mouvres, je men vais me tuerdevant la porte ; mes parens, qui sans doute viendront ici aupara-vant de se coucher, pour savoir si nous sommes bien ensemble, metrouveront morte, et tu seras pendu.

le barbouillé. Ah, ah, ah, ah, la bonne bête! et qui y perdrale plus de nous deux? Va, va, tu nes pas si sotte que de faire cecoup-.

angélique. Tu ne le crois donc pas? Tiens, tiens, voilà moncouteau tout prêt; si tu ne mouvres, je men vais tout à cette heuremen donner dans le cœur.

le barbouillé. Prends garde, voilà qui est bien pointu.angélique. Tu ne veux donc pas mouvrir?le barbouillé. Je tai déjà dit vingt fois que je nouvrira'point; tue-toi, crève, va-ten au diable, je ne men soucie pas.

angélique, faisant semblant de se frapper. Adieu donc.... Ay !je suis morte.

le barbouillé. Seroit-elle bien assez sotte pour avoir fait cecoup-? il faut que je descende avec la chandelle pour aller voir.

angélique. Il faut que je tattrape. Si je peux entrer dans lamaison subtilement cependant que tu me chercheras, chacun aurabien son tour.

le barbouillé. bien! ne savois-je pas bien quelle nétoitpas si sotte? Elle est morte, et elle court comme le cheval dePacolet. Ma foi, elle mavoit fait peur tout de bon. Elle a bien faitde gagner au pied; car si je leusse trouvée en vie, après mavoirfait cette frayeur-, je lui aurois apostrophé cinq ou six clystèresde coups de pied dans le cul, pour lui apprendre à faire la bête. Jemen vais me coucher cependant. Oh! oh! je pense que le vent afermé la porte.! Cathau, Cathau, ouvre-moi.angélique. Cathau, Cathau! bien! qua-t-elle fait, Cathau?