Mehrbändiges Buch 
Oeuvres Complètes De Molière
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PROLOGUE.

lycxscas, en se levant. Quoi! toujours? A-t-on jamais vu usepareille furie de chanter? Par la sambleu! jenrage. Puisque mevoilà éveillé, il faut que jéveille les autres, et que je les tourmentecomme on ma fait. Allons, ho! messieurs, debout, debout, vite,cest trop dormir. Je vais faire un bruit de diable partout. ( Il criede toute sa force.) Debout, debout, debout 1 Allons vite ! ho ! ho ! ho !debout, debout! Pour la chasse ordonnée il faut préparer tout.debout, debout! Lyciscas, debout! Ho! ho! ho! ho! ho!

( Plusieurs cors et trompes de chasse se font entendre; les valetsde chiens que Lyciscas a réveillés, dansent une entrée.)

ACTE PREMIER.

j

SCÈNE I.-EURYALE, ARBATE.

ARBATE.

Ce silence rêveur, dont la sombre habitudeVous fait à tous momens chercher la solitude;

Ces longs soupirs que laisse échapper votre cœur,

Et ces fixes regards si chargés de langueur,

Disent beaucoup, sans doute, à des gens de mon âgeEt je pense, seigneur, entendre ce langage;

Mais, sans votre congé, de peur de trop risquer,

Je nose menhardir jusques à lexpliquer.

EDRYALE.

Explique, explique, Arbate, avec toute licenceCes soupirs, ces regards, et ce morne silence.

Je te permets ici de dire que lamour

Ma rangé sous ses lois, et me brave à son tour;

Et je consens encor que tu me fasses honte

Des foiblesses dun cœur qui souffre quon le dompte.

ARBATE.

Moi, vous blâmer, seigneur, des tendres mouvemens je vois quaujourdhui penchent vos sentimens!

Le chagrin des vieux jours ne peut aigrir mon âmeContre les doux transports de lamoureuse flamme;

Et bien que mon sort touche à ses derniers soleils,

Je dirai que lamour sied bien à vos pareils ;

Que ce tribut quon rend aux traits dun beau visage.De la beauté dune âme est un clair témoignage