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Oeuvres Complètes De Molière
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LA PRINCESSE DÉLIDE.

MORON.

Oh I que la princesse est dune étrange humeur |Et quà suivre la chasse et ses extravagances,

Il nous faut essuyer de sottes complaisances 1Quel diable de plaisir trouvent tous les chasseursDe se voir exposés à mille et mille peurs ?

Encore si cétoit quon ne fût quà la chasse

Des lièvres, des lapins, et des jeunes daims, passe:

Ce sont des animaux dun naturel fort doux,

Et qui prennent toujours la fuite devant nous.

Mais aller attaquer de ces bêtes vilaines

Qui nont aucun respect pour les faces humaines,

Et qui courent les gens qui les veulent courir,

Cest un sot passe-temps que je ne puis souffrir.

EURYALE.

Dis-nous donc ce que cest.

MORON.

Le pénible exercice

de notre princesse a volé le caprice !

Jen aurois bien juré quelle auroit fait le tour;

Et, la course des chars se faisant en ce jour,

Il falloit affecter ce contre-temps de chassePour mépriser ces jeux avec meilleure grâce,

Et faire voir.... Mais chut. Achevons mon récit,

Et reprenons le fil de ce que javois dit.

Quai-je dit?

EURYALE.

Tu parlois dexercice pénible.

MORON.

Ah I oui. Succombant donc à ce travail horrible(Car en chasseur fameux jétois enharnaché,

Et dès le point du jour je métois découché),

Je me suis écarté de tous en galant homme,

Et, trouvant un lieu propre à dormir dun bon somme,Jessayois ma posture, et, majustant bientôt,

Prenois déjà mon ton pour ronfler comme il faut,Lorsquun murmure affreux ma fait lever la vue,

Et jai, dun vieux buisson de la forêt touffue,

Vu sortir un sanglier dune énorme grandeurPour....

EURYALE.

Quest-ce ?

MORON.

Ce nest rien. Nayez point de frayeurMais laissez-moi nasser entre vous deux, pour cause,