LA PRINCESSE D’ËLIDE.
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tuez-moi ce vilain animal-là. O ciel! daigne les assister! Bon! levoilà qui fuit. Le voilà qui s’arrête, et qui se jette sur eux. Bon!en voilà un qui vient de lui donner un coup dans la gueule. Lesvoilà tous à l’entour de lui. Courage! ferme, allons, mes amis!Bon! poussez fort! Encore! Ah! le voilà qui est à terre; c’en estfait, il est mort ! Descendons maintenant pour lui donner centcoups. [Moron descend de l’arbre.) Serviteur, messieurs, je vousrends grâce de m’avoir délivré de cette bête. Maintenant que vousl’avez tuée, je m’en vais l’achever, et en triompher avec vous.
(Moron donne mille coups à l’ours qui est mort.)
ENTRÉE DE BALLET. — Les chasseurs dansent pour témoignerleur joie d’avoir remporté la victoire.
N
ACTE DEUXIÈME.
SCÈNE I. — LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE, PHILIS.
LA PRINCESSE.
Oui, j’aime à demeurer dans ces paisibles lieux;
On n’y découvre rien qui n’enchante les yeux;
Et de tous nos palais la savante structureCède aux simples beautés qu’y forme la nature.
Ces arbres, ces rochers, cette eau, ces gazons fraisOnt pour moi des appas à ne lasser jamais.
AGLANTE.
Je chéris comme vous ces retraites tranquilles,
Où l’on se vient sauver de l’embarras des villes.
De mille objets charmans ces lieux sont embellis;
Et ce qui doit surprendre, est qu’aux portes d’ÉlisLa douce passion de fuir la multitudeRencontre une si belle et vaste solitude.
Mais, à vous dire vrai, dans ces jours éclatansVos retraites ici me semblent hors de temps ;
Et c’est fort maltraiter l’appareil magnifiqueQue chaque prince a fait pour la fête publique.
Ce spectacle pompeux de la course des charsDevoit bien mériter l’honneur de vos regards.
LA PRINCESSE.
Quel droit ont-ils chacun d’y vouloir ma présence