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Oeuvres Complètes De Molière
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ACTE II, SCÈNE II. 19

pour cela? Je pense que ce visage est assez passable, et que pourle bel air, Dieu merci, nous ne le cédons à personne.

cynthie. « Sans doute, on auroit tort.

SCENE III. - LA PRINCESSE , AGLANTE , CYNTHIE ,PHILIS, MORON, LYCAS.

lycas. Madame, le prince votre père vient vous trouver ici,et conduit avec lui les princes de Pyle et dIthaque, et celui deMessène.

la princesse. O ciel ! que prétend-il faire en me les amenant?Àuroit-il résolu ma perte, et voudroit-il bien me forcer au choix dequelquun deux ?

SCENE IV. IPHITAS, EURYALE, ARISTOMÈNE, THÉOCLE,LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE, PHILIS, MORON.

la princesse, à Iphitas. Seigneur, je vous demande la licencede prévenir par deux paroles la déclaration des pensées que vouspouvez avoir. Il y a deux vérités, seigneur, aussi constantes luneque lautre, et dont je puis vous assurer également; lune, que vousavez un absolu pouvoir sur moi, et que vous ne sauriez mordon-ner rien je ne réponde aussitôt par une obéissance aveugle;lautre , que je regarde lhyménée ainsi que le trépas, et quil mestimpossible de forcer cette aversion naturelle. Me donner un mari, et.me donner la mort, cest une même chose ; mais votre volonté va lapremière, et mon obéissance mest bien plus chère que ma vie.Après cela, parlez, seigneur, prononcez librement ce que vousvoulez.

iphitas. Ma fille, tu as tort de prendre de telles alarmes; etje me plains de toi, qui peux mettre dans ta pensée que je sois as-sez mauvais père pour vouloir faire violence à tes sentimens, et meservir tyranniquement de la puissance que le ciel me donne sur toi.Je souhaite, à la vérité, que ton cœur puisse aimer quelquun. Tousmes vœux seroient satisfaits, si cela pouvoit arriver : et je nai pro-posé les fêtes et les jeux que je fais célébrer ici, quafin dy pouvoirattirer tout ce que la Grèce a dillustre, et que, parmi cette noblejeunesse, tu puisses enfin rencontrer arrêter tes yeux et déterminer tes pensées. Je ne demande, dis-je, au ciel autre bonheurque celui de te voir un époux. Jai, pour obtenir cette grâce, faiencore ce matin un sacrifice à Vénus; et, si je sais bien expliquerle langage des dieux, elle ma promis un miracle. Mais, quoi quilen soit, je veux en user avec toi en père qui chérit sa fille. Si tutrouves attacher tes vœux, ton choix sera le mien, et je ne considérerai ni intérêt dEtat, ni avantages dalliance ; si ton cœur de