DE L’ILE ENCHANTÉE. 41
senté par ces quatre vers du président de Périgny, auteur de lamême devise :
Ce n’est p';s sans raison que la terre et les cieuxOnt tant d’étonnement pour un objet si rare,
Qui, dans son cours pénible autant que glorieux,
Jamais ne se repose, et jamais ne s’égare.
Les deux autres pages étoient aux ducs de Saint-Aignan et deNoaiiles; le premier, maréchal de camp, et l’autre, juge des courses.
Celui du duc de Saint-Aignan portoit l’écu de sa devise, et étoithabillé de sa livrée de toile d’argent enrichie d’or, avec les plumesincarnates et noires et les rubans de même. Sa devise étoit untimbre d’horloge, avec ces mots : De mis golpes mi ruido l .
Le page du duc de Noaiiles étoit vêtu de couleur de feu, argentet noir, et le reste de la livrée semblable. La devise qu’il portoitdans son écu étoit un aigle, avec ces mots : Fidelis et audax 2 .
Quatre trompettes et deux timbaliers marchoient après ces pages,habillés de satin couleur de feu et argent, leurs plumes de la mêmelivrée, et les caparaçons de leurs chevaux couverts d’une pareillebroderie, avec des soleils d’or fort éclatans aux banderoles destrompettes et aux couvertures des timbales.
Le duc de Saint-Aignan, maréchal de camp, marchoit après eux,armé à la giocque, d’une cuirasse de toile d’argent, couverte depetites écailles d’or, aussi bien que son bas de saie, et son casqueétoit orné d’un dragon et d’un grand nombre de plumes blanches,mêlées d’incarnat et de noir. Il montoit un cheval blanc, bardé damême, et représentoit Guidon le Sauvage.
Pour le duc de Saint-Aignan , représentant Guidon le Sauvage.
Les combats que j’ai faits en l’Ile dangereuse,
Quand de tant de guerriers je demeurai vainqueur,
Suivis d’une épreuve amoureuse,
Ont signalé ma force aussi bien que mon coeur.
La vigueur qui fait mon estime,
Soit qu’elle embrasse un parti légitimeOu qu’elle vienne à s’échapper,
Fait dire pour ma gloire, aux deux bouts de la terre,
Qu’on n’en voit point, en toute guerre,
Ni plus souvent, ni mieux frapper 3 .
4 . « De mes coups (vient) mon bruit. »
2. « Fidèle et hardi. »
3. Ces vers et les suivants, jusques et y compris les vers pour M. te Vue,représentant Roland , sont de Benserade.