DE L’ILE ENCHANTÉE. 53
France, ils donnoient à Sa Majesté le plaisir d’une comédie dont lascène étoit en Élide.
Le roi fit donc couvrir de toiles, en si peu de temps qu’on avoitlieu de s’en étonner, tout ce rond d’une espèce de dôme, pour dé-fendre contre le vent le grand nombre de flambeaux et de bougiesqui dévoient éclairer le théâtre, dont la décoration étoit fort agréable.
Aussitôt qu’on eut tiré la toile, un grand concert de plusieursinstrumens se fit entendre, et l’Aurore, représentée par mademoi-selle Hilaire, ouvrit la scène, et chanta ce récit.
( C’est ici que , dans l’édition originale , se trouve placée la comé-die de la Princesse D’ÉLinE, avec son prologue et ses intermèdes.
Après le cinquième et dernier intermède de la pièce , le récit con-tinue en ces termes : )
Pendant que ces aimables personnes dansoient, il sortit de des-sous le théâtre la machine d’un grand arbre chargé de seize Faunes,dont huit jouèrent de la flûte, et les autres du violon, avec un con-cert le plus agréable du monde. Trente violons leur répondoient del’orchestre, avec six autres concertans de clavecins et de thuorbes,qui étoient les sieurs d’Anglebert, Richard, Itier, La Barre lecadet, Tissu, et Le Moine.
Et quatre bergers et quatre bergères vinrent danser une fort belleentrée, à laquelle les Faunes, descendant de l’arbre, se mêlèrent detemps en temps.
Et toute cette scène fut si grande, si remplie et si agréable, qu’ilne s’étoit encore rien vu de plus beau en ballet.
Aussi fit-elle une avantageuse conclusion aux divertissemens dece jeur, que toute la cour ne loua pas moins que celui qui l’avoitprécédé, se retirant avec une satisfaction qui lui fit bien espérer dela suite d’une fête si complète.
Les bergers étoient les sieurs Chicaneao , du Pron , Noblet, LaPierre ;
Et les bergères, les sieurs Balthazard, Magny, Arnald, Bo-nard.
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TROISIÈME JOURNÉE.
Plus obl s’avançoit vers le grand rond d’eau qui représentoit le lacsur lequel étoit autrefois bâti le palais d’Alcine, plus on s’approchoitde la fin des divertissemens de l’Ile enchantée, comme s’il n’eût pas