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Oeuvres Complètes De Molière
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72 DON JUAN.

cœur, au premier mot, doit prendre son parti. Nattends pas quejéclate ici en reproches et en injures; non, non, je nai point uncourroux à exhaler en paroles vaines, et toute sa chaleur se réservepour sa vengeance. Je te le dis encore, le ciel te punira, perfide,de loutrage que tu me fais; et, si le ciel na rien que tu puissesappréhender, appréhende du moins la colère dune femme offensée

SCENE IV.DON JUAN, SGANARELLE.

sganarelle , à part. Si le remords le pouvoit prendre !don jüan, après un moment de réflexion. Allons songer à lexé-cution de notre entreprise amoureuse.

sganarelle, seul. Ah 1 quel abominable maître me vois -jeobligé de servir!

ACTE DEUXIÈME.

Le théâtre représente une campagne, au bord de la mer.

SCENE I. CHARLOTTE, PIERROT.

charlotte. Notre dinse, Piarrot, tu tes trouvé bien à point.pierrot! Parguienne, il ne sen est pas fallu lépoisseur duneéplingue, quil ne se sayant nayés tous deux.

charlotte. Cest donc le coup de vent dà matin qui les avoitrenvarsés dans la mar?

pierrot. Aga, quien, Charlotte, je men vas te conter tout findrait comme cela est venu; car, comme dit lautre, je les ai lepremier avisés, avisés le premier je les ai. Enfin donc jétions surle bord de la mar, moi et le gros Lucas, et je nous amusions à ba-tifoler avec des mottes de tarre que je nous jesquions à la tête;car, comme tu sais bian, le gros Lucas aime à batifoler, et moi,par fouas, je batifole itou. En batifolant donc, pisque batifoler y a,jai aparçu de tout loin queuque chose qui grouilloit dans gliau, etqui venoit comme envars nous par secousse. Je voyois cela fixible-ment, et pis tout dun coup je voyois que je ne voyois plus rian.! Lucas, çai-je fait, je pense que vlà des hommes qui nageant-bas. Voire, ce ma-t-il fait, tas été au trépassement dun chat,tas la vue trouble. Palsanguienne. çai-je fait, je nai point la vuetrouble, ce sont des hommes. Point du tout, ce ma-t-il tait taa