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RELATION
cintrées ; et sur res pilastres des côtés s’élevoient deux rouleaux quis’alloient joindre à un carré qui étoit au milieu. Dans ce carré,l’on voyoit les chiffres du roi, composés de différentes fleurs; et desdeux côtés pendoient des festons qui s’attachoient à l’extrémité desrouleaux. A côté de la niche, il y avoit deux arcades aussi de verdure,îrvec leurs pilastres, d’un côté et d’autre ; et tous ces pilastres étoientterminés par des vases remplis de fleurs.
Dans l’une de ces niches étoit la figure du dieu Pan, qui, ayantsur le visage toutes les marques de la joie, sembloit prendre partà celle de toute l’assemblée. Le sculpteur l’avoit disposé dans uneaction qui faisoit connoître qu’il étoit mis là comme la divinité quiprésidoit dans ce lieu.
Dans les quatre autres niches, il y avoit quatre Satyres, deux hom-mes et deux femmes, qui tous sembloient danser, et témoigner leplaisir qu’il ressentoient de se voir visités par un si grand monarque,suivi d’une si belle cour. Toutes ces figures étoient dorées, et faisoientun effet admirable contre le vert de ces palissades.
Après que Leurs Majestés eurent été quelque temps dans cet endroitsi charmant, et que les dames eurent fait collation, le roi abandonnales tables au pillage des gens qui suivoient, et la destruction d’unarrangement si beau servit encore de divertissement agréable à toutela cour, par l’empressement et la confusion de ceux qui démolissoientces châteaux de massepains et ces montagnes de confitures.
Au sortir de ce lieu, le roi rentrant dans une calèche, la reine danssa chaise, et tout le reste de la cour dans leurs carrosses, poursui-virent leur promenade pour se rendre à la comédie, et, passant dansune grande allée de quatre rangs de tilleuls, firent le tour du bassinde la fontaine des Cygnes, qui termine l’allée Royale vis-à-vis duchâteau. Ce bassin est un carré long finissant par deux demi-ronds.Sa longueur est de soixante toises, sur quarante de large. Dans sonmilieu, il y a une infinité de jets d’eau, qui, réunis ensemble, fontune gerbe d’une hauteur et d’une grosseur extraordinaires.
A côté de la grande allée Royale, il y en a deux autres qui en sontéloignées d’environ deux cents pas ; celle qui est à droite en montantvers le château s’appelle l’allée du Roi, et celle qui est à gauche,l’allée des Prés. Ces trois allées sont traversées par une autFe qui setermine à deux grilles qui font la clôture du petit parc. Ces deux alléesdes côtés, et celle qui les traverse, ont cinq toises de large; mais, àl’endroit où elles se rencontrent, elles forment un grand espace qui aplus de treize toises en carré. C’est dans cet endroit de l’allée du Roi,que le sieur Vigarani avoi! disposé le lieu de la comédie. Le théâtre,qui avançoit un peu dans le carré de la place, s’enfonçoit de dix toisesdans l’allée qui monte vers le château, et laissoit, pour la salle, u..espace de treize toises de face sur neuf de large.
L’exhaussement de ce salon étoit de trente pied» jusques à la cer-