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RELATION
leurs maîtres d’hôtel; qui faisoient porter les viandes par les gardessuisses.
La première étoit celle
De Mme la comtesse de Soissons, deDe Mme la princesse de Bade, deDe Mme la duchesse de Créquy, deDe Mme la maréchale de La Mothe, deDe Mme de Montausier, deDe Mme la maréchale de Bellefonds, deDe Mme la maréchale d’Humières, deDe Mme de Béthune, de
20 couverts.20 couverts.20 couverts.20 couverts.40 couverts.65 couverts.20 couverts.20 couverts.
Il y en avoit encore trois autres dans une petite allée à côté decelle que tenoit madame la maréchale de Bellefonds, de quinze à seizecouverts chacune, dont les maîtres d’hôtel du roi avoient le soin.
Quantité d’autres tables se servoient de la desserte de la reine etdes autres, pour les femmes de la reine et pour d’autres personnes.
Dans la grotte, proche du château, il y eut trois tables pour lesambassadeurs, qui furent servies en même temps, de vingt-deuxcouverts chacune.
Il y avoit encore, en plusieurs endroits, des tables dressées, oùl’on donnoit à manger à tout le monde; et l’on peut dire que l’abon-dance des viandes, des vins et des liqueurs, la beauté et l’excellencedes fruits et des confitures, et une infinité d’autres choses délicate-ment apprêtées, faisoient bien voir que la magnificence du roi serépandoit de tous côtés.
Le roi s’étant levé de table pour donner un nouveau divertissementaux dames, et passant par le portique où l’allée monte vers le châ-teau, les conduisit dans la salle du bal.
A deux cents pas de l’endroit où l’on avoit soupé, et dans unetraverse d’allées qui forme un espace d*une vaste grandeur, l’on avoitdressé un édifice d’une figure octogone, haut de plus de neuf toises,et large de dix. Toute la cour marcha le long de l’allée, sans s’aper-cevoir du lieu où elle étoit; mais, comme elle eut fait plus de lamoitié du chemin, il y eut une palissade de verdure, qui, s’ouvranttout d’un coup de part et d’autre, laissa voir, au travers d’un grandportique, un salon rempli d’une infinité de lumières, et une longueallée au delà, dont l’extraordinaire beauté surprit tout le monde.
Ce bâtiment n’étoit pas tout de feuillage, comme celui où l’onavoit soupé; il représentoit une superbe salle, revêtue de marbreet de porphyre, et ornée seulement, en quelques endroits, de ver-dure et de festons. Un grand portique de seize pieds de large, etde trente-deux de haut, servoit d’entre à un riche salon; il avan-çoit environ trois toises dans l’allée; et cette avance servoit encorede vestibule, et faisoit symétrie aux autres enfoncemens qui s#