Mehrbändiges Buch 
Oeuvres Complètes De Molière
Entstehung
JPEG-Download
 

DE LA FÊTE DE VERSAILLES.

21

rencontroient dans les huit côtés. Du milieu du portique pendoientde grands festons de fleurs, attachés de part et dautre. Aux deuxcôtés de lentrée, et sur deux piédestaux, on voyoit des Termesreprésentant des Satyres, qui étoient comme les gardes de cebeau lieu. A la hauteur de huit pieds, ce salon étoit ouvert parles six côtés, entre la porte par lon entroit, et lallée du mi-lieu; ces ouvertures formoient six grandes arcades, qui servoientde tribunes, lon a voit dressé plusieurs sièges en forme dam-phithéâtres, pour asseoir plus de six-vingts personnes dans chacune.Ces enfoncemens étoient ornés de feuillages, qui, venant se terminercontre les pilastres et le haut des arcades, y montroient assez que cebel endroit étoit paré comme un jour de fête, puisque Ton y mêloitdes feuilles et des fleurs pour lorner ; car les impostes et les clefsdes arcades étoient marquées par des festons et des ceintures _defleurs.

Du côté droit, dans larcade du milieu, et au haut de lenfonce-ment, étoit une grotte de rocaille,, dans un large bassin tra-vaillé rustiquement, Ton voyoit Arion porté sur un dauphin, ettenant une lyre; il y avoit à côté de lui deux Tritons : cétoitdans ce lieu que les musiciens étoient placés. A lopposite, Ton avoitmis tous les joueurs dinstrumens ; lenfoncement de larcade ilsétoient, formoit aussi une grotte, Ton voyoit Orphée sur unrocher, qui sembloit joindre sa voix à celle de deux Nymphes assisesauprès de lui. Dans le fond des quatre autres arcades, il y avoitdautres grottes,, par la gueule de certains monstres, sortoit'de leau qui tomboit dans des bassins rustiques, d elle séchap-poit entre des pierres, et dégouttait lentement parmi la mousse etles rocailles.

Contre les huit pilastres qui formoient ces arcades, et sur despiédestaux de marbre, Ton avoit posé huit grandes figures defemmes, qui tenoient dans leurs mains divers instrumens, dontelles sembloient se servir pour contribuer au divertissement du bal.

Dans le milieu des piédestaux, il y avoit des masques de bronzedoré, qui jetoient de leau dans un bassin. Au bas de chaque pié-destal, et des deux côtés du même bassin, sélevoient deux jetsdeau, qui formoient deux chandeliers. Tout autour de ce salonrégnoit un siège de marbre, sur lequel, despace en espace, étoientplusieurs vases remplis dorangers.

Dans larcade qui étoit vis-à-vis de lentrée, et qui servoit dou-verture à une grande allée de verdure, Ton voyoit encore, sur deuxpiédestaux, deux figures qui représentoient Flore et Pomone. De cespiédestaux, il en sortoit de leau comme de ceux du salon.

Le haut du salon sélevoit au-dessus de la corniche, par huit pans,jusquà la hauteur de douze pieds ; puis, formant un plafond de fi-gure octogone, laissoit, dans le milieu, une ouverture de pareille