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POÉSIES DIVERSES.
Avec vos brillantes hardesEt votre ajustement.
Faites tout le trajet de la salle des gardes;
Et, vous peignant galamment,
Portez de tous côtés vos regards brusquement;
Et, ceux que vous pourrez connoître,
Ne manquez pas, d’un haut ton,
De les saluer par leur nom,
De quelque rang qu’ils puissent être.
Cette familiarité
Donne à quiconque en use, un air de qualité.Grattez du peigne à la porteDe la chambre du roi;
Ou si, comme je prévoi,
La presse s’y trouve trop forte,
Montrez de loin votre chapeau,
Ou montez sur quelque chosePour faire voir votre museau,
Et criez sans aucune pause,
D’un ton rien moins que naturel :
« Monsieur l’huissier, pour le marquis un tel. sJetez-vous dans la foule, et tranchez du notable;Coudoyez un chacun, point du tout de quartier,Pressez, poussez, faites le diablePour vous mettre le premier;
Et, quand même l’huissier,
A vos désirs inexorable,
Vous trouveroit en face un marquis repoussable,
Ne démordez point pour cela,
Tenez toujours ferme là;
A déboucher la porte il iroit trop du vôtre,
Faites qu’aucun n’y puisse pénétrer,
Et qu’on soit obligé de vous laisser entrer,
Pour faire entrer quelque autre.
Quand vous serez entré, ne vous relâchez pas;
Pour assiéger la chaise, il faut d’autres combats;Tâchez d’en être des plus proches,
En y gagnant le terrain pas à pas;
Et, si des assiégeans le prévenant amasEn bouche toutes les approches,
Prenez le parti doucementD’attendre le prince au passage:
Il connoîtra votre visage,
Malgré votre déguisement;
Et lors, sans tarder davantage,