POÉSIES DIVERSES.
Faites-lui votre compliment.
Vous pourriez aisément l’étendre,
St parler des transports qu’en vous font éclaterLes surprenans bienfaits que, sans les mériter,
Sa libérale main sur vous daigne répandre,
Et des nouveaux efforts où s’en va vous porterL’excès de cet honneur où vous n’osiez prétendre,Lui dire comme vos désirsSont, après ses bontés qui n’ont point de pareilles,D’employer à sa gloire, ainsi qu’à ses plaisirs,
Tout votre art et toutes vos veilles,
Et là-dessus lui promettre merveilles :
Sur ce chapitre on n’est jamais à sec ;
Les Muses sont de grandes prometteuses!
Et, comme vos sœurs les causeuses,
Vous ne manquerez pas, sans doute, par le becMais les grands princes n’aiment guèresQue les complimens qui sont courts;
Et le nôtre, surtout, a bien d’autres affairesQue d’écouter tous vos discours.
La louange et l’encens n’est pas ce qui le touche ;Dès que vous ouvrirez la bouchePour lui parler de grâce et de bienfait,
Il comprendra d’abord ce que vous voulez dire,
Et, se mettant doucement à sourireD’un air qui, sur les cœurs, fait un charmant effet,Il passera comme un trait,
Et cela vous doit suffire :
Voilà votre compliment fait.
STANCES.
Souffrez qu’Amour cette nuit vous réveillePar mes soupirs laissez-vous enflammer;Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c’est dormir que de ne point aimer.
Ne craignez rien; dans l’amoureux empireLe mal n’est pas si grand que l’on le fait :Et lorsqu’on aime, et que le cœur soupire.Son propre mal souvent le satisfait.