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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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QUATRIÈME LEÇON.

possèdent dans leur* oiUs, exempts des charges municipales,et quils puissent être revêtus des honneurs (1). Nous défen-dons quon les traduise (indûment) en justice, ou quon leurfasse quelque tort; si quelqu'un les tourmente, quil soit pour-suivi par les magistrats, afin queux-mêmes ne prennent pascette peine, et quij paye cent mille pièces au fcc j si un esclaveles a offensés, quil soit frappé de verges par son maître, de-vant celui quil a offensé ; et si le maître a consenti à l'outrage,quil paye vingt mille pièces au fisc, et que son esclave resteeu gage jusqu'à PC que toute la somme soit livrée- Nous ordon-nons de rendre auxdils professeurs leurs traitements et sa-laires; et comme ils ne doivent pas être chargés de fonctions

onéreuses.nou6 permettons quon leur confère les honneurs

quand ils le voudront, mais nous ne les y forçons point (2),

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Constantin Auguste, au peuple (en 531 J.

Confirmant les bienfaits de nos divins prédécesseurs, nousordonnons que les médecins et les professeurs ès lettres, ainsique leurs femmes et leurs enfants, soient exempts de toutesfonctions et charges publiques; quils ne soient pas comprisdans le service de la milice, ni obligés de recevoir des hôtes,ou de sacquitter daucune charge, afin que par ils aientplus de facilite pour instruire beaucoup de gens dans les étudeslibérales et les arts sus nommés (3).

5°

Gratien Auguste, à Antoine, préfet du prétoire des Gaules(en 376).

Quau sein des grandes C(tés qui, dans tout le diocèseconfié à ta Magnificence , fleurissent et brillent par d'illustresmaîtres, les meilleurs président à léducation de la jeunesse;nous voulons parler des rhéteurs et des grammairiens, dansles langues atfique et romaine^ que les orateurs reçoivent dufisc, à titre démoluments, vingt-quatre rations (4) ; que lenombre moins considérable de douze rations soit, suivant lu-sage, accordé aux grammairiens grecs et latins. Ët afin queles cités qui jouissent des droits de métropoles choisissent defameux professeurs, et comme nous ne pensons pas que chaquecité soit libre de payer suivant son gré ses rhéteurs et ses maî-tres, nous voulons faire pour lillustre cité de Trêves quelquechose de plus : ainsi donc que trente rations y soient accordéesau rhéteur, vingt au grammairien latin, et douze au gramm^i-rien grec, si lon peut en trouver un capable (5j,

Valentinien, Honorius, Théodose II, rendirentplusieurs décrets semblables. Depuis que lempireétait partagé entre plusieurs maîtres, chacun deuxsinquiétait un peu plus de la prospérité de ses Étalset des établissements publics qui sy rencontraient.De une amélioration momentanée dont les écolesse ressentirent; particulièrement celles des Gaules,sous ladministration de Constance Chlore, de Ju-lien et de Gratien.

A côté des écoles étaient placés en général dau-

(1) On distinguait dans Us cités les mènera, fonctions municipales dunordre inférieur et qui ne conféraient point de privilèges; et les honores,Jonctions supérieures , magistratures véritables , auxquelles certains pri-vilèges étaient attachés.

(2) CW. Tltéoil, Hv. in , lit. m , 1.

très établissements apologues. Ainsi, U y avait, àTrêves, une grande bibliothèque du palais impé-rial, sur laquelle aucun renseignement spécial nenous est resté, mais dont nous pouvons juger parles détails qui nous eut été conservés sur celle deConstantinople. Celle-ci avait nn bibliothécaire etsept scribes, constamment occupes, quatre pour legrec et trois pour le latin ; ils copiaient, soit les ou-vrages anciens qui se détérioraient, soit les ouvra-ges nouveaux. Il est probable que la même institu-tion subsistait à Trêves et dans les grandes villesde la Gaule.

La société civile était donc pourvue de moyensdinstruction Cl de développement intellectuel. Ilnen était pas de même de la société religieuse :elle navait, à cette époque, point dinstitution spé-cialement consacrée à lenseignement; elle ne re-cevait de lÉtat aucun secours dans ce but particu-lier, Les chrétiens pouvaient, comme les antres,fréquenter les écoles publiques; mais la plupart desprofesseurs étaient encore païens, on indifférentsen matière religieuse, et, dans leur indifférence,assez malveillants pour la religion nouvelle. Us at-tiraient donc fort peu les chrétiens. Les sciencesquils enseignaient, la grammaire et la rhétorique,païennes dorigine, dominées par le vieil espritpaïen, navaient dailleurs que peu dintérêt pour lechristianisme. Enfin, ce fut longtemps dans lesclasses inférieures, parmi le peuple, que se propa-gea le christianisme, surtout dans les Gaules; etcétaient les classes supérieures qui suivaient lesgrandes écoles. Aussi, nest-ce guère quau commen-cement du iv c siècle quon voit les chrétiens y paraî-tre, et encore y sont-ils rares.

Aucune autre source détude ne leur était ou-verte. Les établissements qui devinrent peu après,dans lÉglise chrétienne, le refuge et le foyer delinstruction, les monastères commençaient à peinedans les Gaules : ce fut seulement après lan 560que les deux premiers furent fondés par saint Mar-tin, lun à Ligugé, près de Poitiers, lautre à Mar-moutiers, près de Tours; et ils étaient consacrésplutôt à la contemplation religieuse quà lenseigne-ment.

Tonte grande école, tonte institution spéciale-ment vouée au service et aux progrès de lintelli-gence, manquait donc alors aux chrétiens; ils na-vaient que leurs idées mêmes, le mouvementintérieur et personnel de leur pensée. Il fallaitquils tirassent tout deux-mêmes; leurs croyances

(5) Cod. Thèod., !. 5.

(4) Ànnona, une certaine mesure de blé, dhuile et dautres denrées ,probablement ce quil en fallait pour la consommation journalière dunepersonne, f'mrut,

(5) CW. Thèod., liv, xm , tît. tn, 1.1-1.