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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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VINGTIÈME LEÇON.

301

U

H

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a

ENNEMIS.

OBSERVATIONS.

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H

a

ENNEMIS.

OBSERVATIONS.

41»

807

Contre les Arabes

Représenté par des

47»

810

Contre les Danois.

Il alla en personne

dEspagne.

généraux.

jusquau confluent

42»

808

les Danois ou Nor-

du Weser et de

mands.

lAller.

43»

809

les Grecs.

en Dalmatie par

48»

811

Id.

son fils Pépin.

49»

Id.

les Avares.

44»

Id.

les Arabes dEs-

50»

Id.

les Bretons.

pagne.

51»

812

les Slaves-Wilt-

entre lElbe et

43»

810

les Grecs.

Id.

zes.

lOder.

46"

Id.

les Sarrasins en

52°

Id.

les Sarrasins en

Corse et en Sar-

Corse.

daigne.

53»

813

Id.

!

Cest-à-dire, en tout 53 expéditions, savoir :

1 contre les Aquitains.

18 les Saxons.

5 les Lombards.

7 les Arabes dEspagne.

1 les Thuringiens.

4 les Avares.

2 les Bretons.

d les Bavarois.

4 les Slaves au delà de lElbe.

5 les Sarrasins en Italie.

3 les Danois.

2 les Grecs.

Sans compter une foule dautres petites expéditionsdont il nest resté aucun monument distinct et positif.

De ce tableau seul il résulte clairement que cesguerres ne ressemblent point à celles de la premièrerace : ce ne sont point des dissensions de tribu àtribu , de chef à chef, des expéditions entreprisesdans un but détablissement ou de pillage; ce sontdes guerres systématiques, politiques, inspirées parune intention de gouvernement, commandées parune certaine nécessité.

Quel est ce système? quel est le sens de ces expé-ditions?

Vous avez vu divers peuples germaniques, Goths,Bourguignons, Francs, Lombards, etc., sétablirsur le territoire de lempire Romain. De toutes cestribus ou confédérations, les Francs étaient la plusforte, et celle qui, dans le nouvel établissement, oc-cupait la position centrale. Elles nétaient unies en-tre elles par aucun lien politique ; elles se faisaientsans cesse la guerre. Cependant, à certains égards,et quelles le connussent ou non, leur situation étaitsemblable et leur intérêt commun.

Vous avez vu que, dès le commencement duvm siècle, ces nouveaux maîtres de lEurope oc-cidentale, les Germains-Romains, étaient pressés,au nord-est, le long du Rhin et du Danube, parde nouvelles peuplades germaniques, slaves, etc.,qui se portaient sur le même territoire; au midi,par les Arabes répandus sur toutes les côtes de laMéditerranée; et quun double mouvement dinva-sion menaçait ainsi dune chute prochaine les Étatsnaissant à peine sur les ruines de lempire Romain.

Voici quelle fut, dans cette situation, lœuvre deCharlemagne : il rallia contre cette double invasion,contre les nouveaux assaillants qui se pressaient surles diverses frontières de lempire, tous les habitantsde son territoire, anciens ou nouveaux, Romains ouGermains récemment établis. Suivez la marche deses guerres. Il commence par soumettre définitive-ment, dune part, les populations romaines qui es-sayaient encore de saffranchir du joug des Barbares,comme les Aquitains dans le midi de la Gaule; dau-tre part, les populations germaniques arrivées lesdernières, et dont létablissement nétait pas encorebien consommé, comme les Lombards en Italie. Illes arrache, pour ainsi dire, aux impulsions diversesqui les animaient encore, les réunit toutes sous ladomination des Francs, et les tourne contre ladoubleinvasion qui, au nord-est et au midi, les menaçaittoutes également. Cherchez un fait dominant quisoit commun à presque toutes les guerres de Char-lemagne ; réduisez-les toutes à leur plus simple ex-pression : vous verrez que cest leur sens véritable,quelles sont la lutte des habitants de lancien em-pire, conquérants ou conquis, Romains ou Germains,contre les nouveaux envahisseurs.

Ce sont donc des guerres essentiellement défen-sives, amenées par un triple intérêt de territoire,de race et de religion. Cest lintérêt de territoirequi éclate surtout dans les expéditions contre les