VINGT-QUATRIÈME LEÇON.
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TABLEAU DU DÉMEMBREMENT DE L’EMPIRE DE CHARLEMAGNE VERS LA FIN DU IX» SIÈCLE.
ROIS
AVÉNEJI.
ROIS
AVÉNEJI.
ROYAUMES.
RÉGNANTS.
ET MORT.
ÉTENDUE.
ROYAUMES.
RÉGNANTS.
ET MORT.
ÉTENDUE.
1»
Royaumede
Charles le
893-929! Les pays com-
4»
Royaumede
Raoul l".
888-912
Les pays com-
France.
Simple.
pris entre l’Es-
Bourgogne
pris entre le Ju
caut, la Meuse,
transjurane
ra , les Alpes
la Saône, le Rhô
Pennines et la
ne, les Pyrénéeset l’Océan, et uneportion de laMarche d’Espa-gne, au delà desPyrénées, for-
Reuss , c’est-à-dire la Suisse, leValais, le pays deGenève, le Cha-înais et le Bugey.
•
3°
Royaumede
Zwentibold.
893-900
Les pays com-
mantlecomtéde
Lorraine.
pris entre le
Barcelone.
Rhin, la Meuse
2°
Royaume de
Fortun le
880-903
Presque toute
et l’Escaut.
Navarre.
Moine.
la Marche d’Es-
6“
Royaume
Arnould.
888-899
Les pays com-
pagne, entre les
d’AUema-
pris entre le
Pyrénées et i’E
gne.
Rhin, la mer du
bre.
Nord, l’Elbe, l’O-
3°
Royaume de
Louis
890-928
Les pays com-
der et les Alpes.
Provenceou
l’Aveugle.
pris entre la Saô
7»
Royaume
d’Italie.
Bérenger I"
888-924
Toute l’Italie,
Bourgogne
ne, le Rhône, les
jusqu’à la fron-
cisjurane.
Alpes, le Jura et
tière du royaume
la Méditerranée.
de Naples, alorsla principauté deBénévent et la
Calabre.
Je reprends l’état intérieur du royaume de F rance.En 843, deux princes seulement, un roi d’Aqui-taine et un duc de Bretagne, en partageaient, avecCharles le Chauve, le territoire. En 888, le démem-brement a été poussé bien plus loin, et par unecause qui n’est pas destinée à s’arrêter. Aucun devous n’ignore que les possesseurs de domaines etd’offices royaux, c’est-à-dire les bénéficiers et lesducs, comtes, vicomtes, centeniers et autres gou-verneurs de provinces ou de districts, avaient con-stamment tendu à se rendre indépendants et héré-ditaires, à s’assurer la propriété perpétuelle de leursterres et de leurs gouvernements. En 877, on trouveun capitulaire de Charles le Chauve ainsi conçu :
Si, après uotre mort, quelqu'un de nos fidèles, saisi d'a-mour pour Dieu et notre personne, veut renoncer au siècle ,et s'il a un fils ou tel autre parent capable de servir la chosepublique, qu'il soit libre de lui transmettre ses bénéfices ethonneurs comme il lui plaira (1).
Et dans un autre article :
Si un comte (le ce royaume vient à mourir, et que $on fils
(1) Cap. Car. calv., a. 877, tit. G3, § 10 ; Bal,, t, n, p. Î64.
soit auprès de nous, nous voulons que notre fils, avec ceux denos fidèles qui se trouveront les plus proches parents du comtedéfunt, ainsi qu’avec les autres officiers dudit comté, et IV-vêque dans le diocèse duquel il sera situé, pourvoient à sonadministration, jusqu'à ce que la mort du précédent comtenous ait été annoncée , et que nous ayons pu conférer à sonfils, présent à notre cour, les honneurs dont il était revêtu. Sile fils du comte défunt est enfant, que ce même fils, l'évêqueet les autres officiers du lieu veillent également à l'administra-tion du comté , jusqu'à ce que , informés de la mort du père ,nous ayons accordé au fils les mêmes honneurs (2).
Voilà l’hérédité des bénéfices et des offices royauxlégalement consacrée : et elle est écrite dans lesmœurs comme dans les lois; car une foule de mo-numents attestent qu’à cette époque, lorsqu’à lamort d’un gouverneur de province le roi essayaitde donner son comté à quelque autre qu’à ses des-cendants, non-seulement il y avait résistance del’intérêt personnel, mais qu’une telle mesure étaitconsidérée comme une violation de droit, une vé-ritable injustice. Wilhelm et Engelschalk occu-paient, sous Louis le Bègue, deux comtés sur lesconfins de la Bavière : à leur mort, leurs officesfurent donnés au comte Arbo, au préjudice de
(2) Cap. Car. calv., s. 877,§9 , § 15; Bal., t. n,p, 165,269.