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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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VINGT-CINQUIÈME LEÇON.

Vif)

TABLEAU ANALYTIQUE COMPARATIF DES CAPITULAIRES DE CHARLEMAGNE, LOUIS LE DÉBONNAIRE,CHARLES LE CHAUVE, LOUIS LE BÈGUE, CARLOMAN, EUDES ET CHARLES LE SIMPLE.

NOMBRE.

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LÉGISLATION 1MORALE. 1

LÉGISLATION 1POLITIQUE. I

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3

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LÉGISLATION 1CIVILE. I

LÉGISLATION IRELIGIEUSE. 1

LÉGISLATION 1CANONIQUE. 1

2 ê

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LÉGISLATION 1

uecirconstance||

65

1151

87

293

130

110

85

305

73

12

Charlemagne (768814).

26

362

16

136

56

24

1

129

20

Louis le Débonnaire (814840).

51

529

2

259

17

4

2

51

1

193

Charles le Chauve (840877).

3

22

6

1

4

11

Louis le Bègue (877879).

5

19

12

7

2

Carloman (879 884).

i

1

1

Eudes (887-898).

5

10

10

Charles le Simple (893929).

152

2094

105

706

289

138

88

489

74

249

Avant dentrer dans lexamen des dispositionsmêmes, classées sous les différents chefs, consi-dérons leur rapport numérique; la simple compa-raison des chiffres nous révélera des faits impor-tants.

Entre le règne de Charlemagne et celui de Louisle Débonnaire, à ne considérer que le nombre desarticles de législation morale, politique, pénale,civile, religieuse, etc., il y a peu de différence; lesdiverses classes de capitulaires sont, quant auxchiffres, à peu près dans le même rapport. Les me-sures de circonstance sont un peu plus abondantes,mais sans quil vaille la peine de sy arrêter. Il fautpénétrer dans lintérieur même de la législation pourreconnaître quelle a changé de caractère, quellenest plus lœuvre du même gouvernement.

Il nen est plus de même sous Charles le Chauve;le rapport numérique des diverses classes de capi-tulaires est changé. La législation morale, pénale,civile, religieuse, canonique, etc., compte peudarticles; la législation politique et la législationde ^circonstance, au contraire, en sont beaucoupplus chargées : symptôme assuré dun grand chan-gement dans létat de la société et du pouvoir. Aquels intérêts sadresse la législation morale, pénale,civile, religieuse? à des intérêts qui touchent bienplus la société que le pouvoir; importants sansdoute pour le pouvoir lui-même, mais dune im-portance qui na rien de direct ni dégoïste, quicorrespond aux fonctions publiques du gouverne-ment, non à son existence distincte et personnelle.La législation politique et la législation de circon-stance, au contraire, touchent le pouvoir dans sa

personnalité; cest à lui dabord quelles servent ounuisent; cest de lui surtout, et souvent de lui seul,quil sagit dans leurs effets. Aussi toutes les foisquà une époque quelconque, et sous telle ou telleforme, vous verrez se multiplier les lois politiqueset les lois de circonstance, tenez pour certain quele gouvernement est en péril, quil a des ennemiset sen défend, quil nest pas occupé à jouer pu-rement et simplement son rôle public, quil nesinquiète pas principalement des intérêts sociaux,que ses intérêts personnels le dominent et lentraî-nent. Dans le cours de la révolution dAngleterre,de la nôtre, de toutes les crises analogues, de quoisont pleins les recueils législatifs? de lois politiqueset de lois de circonstance. On donne à toutes lesmesures de gouvernement le nom et le caractère delois; mais ce sont des mesures de gouvernement,des actes faits surtout dans lintérêt du pouvoir, etpour son service, bien plus que pour le servicepublic. Cest le fait qui se manifeste dans la sim-ple comparaison numérique des diverses classes decapitulaires sous Charlemagne et Charles le Chauve.Sous Charlemagne, les capitulaires de circonstancesont rares; cest un gouvernement tranquille, sûrde lui-même, qui soccupe daccomplir sa tâche etfait les affaires de la société. Sous Charles le Chauve,cest en mesures politiques et de circonstance quese répand la législation; cest à coup sûr un gou-vernement ébranlé, que la force et la régularitéabandonnent et qui sépuise à tâcher de les ressaisir.Laffaiblissement et la désorganisation du pouvoircentral éclatent dans ce seul fait.

Que devient-il sous les successeurs de Charles le