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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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CIVILISATION EN FRANCE.

LEÇONS XXXI A XLIX.

des Ordonnances des rois de France, et M. AugustinThierry, aient cru ces différences assez légères etassez insignifiants pour se borner à donner le textede la charte de 1182, supposant les chartes anté-rieures à peu près identiques. Lomission a quelquegravité, car elle rend plusieurs faits de lhistoirede Beauvais absolument inexplicables : commentcomprendre, par exemple, linstitution de loflicede maire à Beauvais par Philippe de Dreux, et lesplaintes du chapitre à ce sujet, lorsquon regardecomme primitif, et par conséquent comme antérieurà ce débat, le texte de la charte de Philippe-Auguste, il est sans cesse question de ce maire et de sesfonctions, la forme de son élection est mêmeréglée ?

Je crois donc devoir indiquer exactement lesdiffé-rcncesquise rencontrent entre la charte de Philippe-Auguste et celles de ses prédécesseurs.

CHARTE DE PHILIPPE-AUGUSTE.

I r article. Le mot d 'ancêtre est substitué à celuide père, et les innovations apportées par cette chartea celle de Louis le Jeune sont indiquées par cetteexpression : <c Nous accordons, etc., etc., «ainsique : « les coutumes contenues dans la présente» charte. »

2' art. Le nom du maire est ajouté partout,dans la précédente charte, il était question despairs. On verra plus bas larticle qui a rapport à sonélection.

13' art. Cet article nexiste pas dans la charte deLouis le Jeune; il vient après larticle : « Si quel-» quun de la commune a confié son argent à quel-» quun de la ville, etc.; » et porte : a Si quelquun» enlève de largent à un homme de la commune et» se réfugie dans quelque château fort, et que cla-» meur en soit portée devant le maire et les pairs,» justice sera faite selon la délibération du maire et» des pairs sur lui, si on peut le rencontrer, et sur» les hommes et les biens du seigneur du château,» à moins que largent ne soit rendu. »

Au lieu de cet art. 13% on trouve dans la chartede 1144 un article ainsi conçu : « Que les hommes» de la commune aient soin de confier leurs appro-» visionnements, etc. » 11 nest pas dans la nouvellecharte.

14* art. Après la phrase :« Les pieux pour pendre» les draps seront fichés en terre à égale hauteur, »se trouve celle-ci, dans la charte de Philippe-Auguste : « Et quiconque aura forfait en ce qui tou-» che les pieux pour pendre le drap, le drap lui-

» même ou toutes les choses qui y ont rapport, si» clameur en est portée, etc. »

16' art. (Article nouveau.) « Sil arrive que quel-» quun de la commune ait acheté quelque héritage,» et lait tenu pendant an et jour, et y ait bâti, et» que quelquun vienne ensuite en réclamer le» rachat, il ne sera rien répondu à celui-ci, et lache-» teur demeurera en paix. »

17 art. (Article nouveau.) « Treize pairs seront» élus en la commune, entre lesquels, si cest lavis» de ceux qui ont juré la commune, un ou deux» seront faits maires. »

18 art. Après les mots : « Nous confirmons et» accordons les justices et décisions, etc., »se trou-vent dans la charte de 1182 les mots suivants :« Nous» accordons aussi que la présente charte ne sera» pour aucune cause portée hors de la cité, et qui-» conque voudra parler contre elle, après que nous» lavons accordée et confirmée, ne recevra aucune» réponse; et, pour quelle demeure constante et» inviolable, nous avons fait munir cette feuille de» lautorité de notre sceau. Fait lan 1182 de lIn-y> carnation, de notre règne le 3. (Présents en notre» palais ceux de qui les noms et signets sont ci-des-» sous mis: Guyon, bouteiller; Mathieu, cham-» bellan; Drieu, connétable.) (1) » Cette dernièrephrase nexiste pointdans le texte latin, elle nexisteque dans un texte en vieux français, qui paraît aussifort ancien.

La bonne intelligence ne dura pas toujours entrePhilippe de Dreux et les bourgeois de Beauvais. Danslune des nombreuses guerres queut avec les Anglaisou ses voisins le belliqueux évêque, il voulut, vers1213 ou 1214, avoir en sa possession les clefs desportes de la ville; elles lui furent refusées par lemaire et les pairs, qui se les étaient, je ne saiscomment, appropriées; Philippe sen plaignit auroi, qui les lui fit réndre, décidant que les clefsappartenaient à lévêque. On est même étonné devoir ce droit mis en doute, et la seule discussionprouve laccroissement des forces et des prétentionsde la commune ; mais, de son côté, Philippe, cousindu roi de France, et dune humeur peu endurante,nétait pas homme à laisser tranquillement empiétersur 6es droits, et il devait se sentir dautant pluschoqué de se voir disputer la possession des portesde la ville, que lui-même avait travaillé à lagran-dissement des fortifications, daprès lordre donnépar Philippe-Auguste, en 1190, daugmenter lesmoyens de défense de Beauvais. Partant pour lacroisade, le roi était bien aise de garantir dattaque

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(4) Loysel, p. 279-284; Recueil des Ordonnances, etc., t. vu, p. 264;t, xi, p. 493; Thierry, Lettres sur (Aùtoire de France p. 200; 2* édit.