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Cours d'histoire moderne / par M. Guizot. / Histoire générale de la civilisation en Europe, depuis la chute de l'Empire romain jusqu'à la Révolution française
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CIVILISATION EN FRANCE.

pressément linterdit : il déclara aussi absous detoutes sentences dexcommunication ou de touteautre peine canonique quil aurait pu porter daprèsla puissance de lordinaire, les maire, pairs, jurés,conseillers et toute la commune; il dit quil faisaitet ferait cesser tout ce qui le regardait et était delui dans la sentence dexcommunication portée parles canons et encourue par eux pour les faits susdits.Lévêque promit en outre que, si la justice deman-dait que quelque amende fût infligée aux maire,pairs, jurés, conseillers à la commune pour un ouplusieurs des faits susdits, lui évêque ne procéderaità la fixation de cette taxe que par et avec le conseildu roi. Ces choses se firent à Sainl-Just, près deLyon, lan 130a, le 8 e jour de décembre.

» Après cela Jean, maire de Coudun, député deladite commune, à ce quassuraient les procureurset Simon, ratifia sous serment toutes les choses sus-dites (I)... »

Linterdit était levé et léglise apaisée par cet ac-cord; mais le roi navait encore rien prononcé, etle maire ainsi que le bailli de lévêque demeuraienttoujours en prison : laffaire fut donc suivie auprèsde Philippe le Bel, qui rendit larrêt suivant :

« Au nom de Dieu, amen : Philippe, par la grâcede Dieu , roi des Français, à tous ceux qui ces pré-sentes verront, salut. Savoir faisons que comme lesmaire, pairs, jurés et commune de Beauvais nouseurent donné avis que notre cher et féal lévêquede Beauvais, ses baillis, gens, officiers et complices,avaient brûlé leurs métairies avec grande compagniede gens armés, arrêté et pris tous les hommes quilsavaient trouvés, détourné la rivière qui coule dansla ville, et commis avec grande hostilité plusieursautres énormes excès contenus dans les informa-tions faites à ce sujet; nous avons de notre officedéputé certains auditeurs, avec mission et pouvoirdappeler les parties et chercher la vérité, devantlesquels auditeurs ledit évêque comparaissant a dé-claré ne vouloir se rendre partie, ni procéder devanteux, mais maintint quil avait usé de son droit etfait justice à ses sujets, en agissant comme il avaitlégitimement agi, soutenant et disant en outre quilavait de bonnes raisons à donner pour sa défense,et offrant de procéder par devers nous.

» Or, enquête ayant été faite avec soin et diligencesur ce sujet, et comme elle devait lêtre aux finsciviles, ainsi quil a été jugé par arrêt, il a été suffi-samment prouvé quil avait été publié publiquementdans Beauvais, de la part des maire, pairs et jurés

LEÇONS XXXI A XLIX.

de ladite commune, que personne neût à plaiderdevant lévêque ou ses officiers, mais que tous plai-dassent devant les maire et pairs.

» Que personne ne fût tenu daller moudre oucuire aux moulins et fours de lévêque, mais bonlui semblerait.

» Que toute personne pût mettre des planches surla rivière de ladite ville.

» Que les maire et pairs avaient forcé les portesde ladite ville contre lévêque et ses gens, et avaientpris par assaut le palais dudit évêque et brûlé quel-ques maisons dicelui.

j Que par le moyen de ces rébellions ils avaientsuscité et élevé une sédition contre ledit évêque,lequel veut avoir la justice de toute la ville, sur lesobligations, conventions et délits, à la réserve decertains points, libertés et privilèges octroyés parles rois à ladite commune, et autres droits de lamême commune dont la connaissance et la justicenous appartiennent.

» Lesquels invasion et brûlement des portes sontarrivés après les défenses faites de notre part par lebailli de Senlis que nous avions envoyé précisémentà cet effet.

» Pour raison de quoi, les maire, jurés et com-mune ont été condamnés en tant quà nous touche,à nous payer une amende de dix mille livres, petitparisis. Et par le même arrêt nous avons donnémain-levée de la mairie et de la commune, et or-donné que Jean de Molliens, maire du temps des-diles rébellions, et dont il a été suffisamment prouvéquil navait accepté ladite charge que contraint parune juste crainte, sera élargi des prisons il étaitpour cela retenu. Et dautant que, par ladite en-quête, il a été prouvé quaprès les défenses faitesde notre part à lévêque par le bailli de Senlis en- :voyé précisément à ce sujet, plusieurs excès ont étécommis dans ladite commune par les officiers duditévêque, il a été ordonné par le même arrêt que leditévêque nous mettra entre les mains lamende dont ilest convenu avec nous, laquelle il a présentement ;consignée : sauf en toutes choses son droit en ce quitouche sa partie.

b Item, vu les procédures faites par les commis-saires de notre cour, il a été ordonné que lévêque isera ouï pour donner ses raisons sur ce que ladite jenquête ne doit le condamner à rien, ni à aucune jréparation envers ladite commune ; et les autres ;raisons quil lui plaira dexposer.

b El semblablement seront lesdits maire, pairs |et la commune ouïs sur cela; et pour entendre cequune partie voudra dire et soutenir contre lautre,nous les avons assignés à Paris au jour du bailli deSenlis dans le prochain parlement : et leur sera

(4 ; Louvel, t. n, p. 408.