MITIIRIDÀTE.
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Que Rome fait sentir tout le poids de ses fers :
Et, de près inspirant les haines les plus fortes,
Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes.
Ali ! s’ils ont pu choisir pour leur libérateurSpartacus, un esclave, un vil gladiateur;
S’ils suivent au combat des brigands qui les vengent,De quelle noble ardeur pensez-vous qu’ils se rangentSous les drapeaux d’un roi long-temps victorieux,
Qui voit jusqu’à Cyrus remonter ses aïeux ?
Que dis-je ! en quel état croyez-vous la surprendre ?Vide de légions qui la puissent défendre,
Tandis que tout s’occupe à me persécuter,
Leurs femmes, leurs enfants pourront-ils m’arrêter ?
Marchons, et dans son sein rejetons cette guerreQue sa fureur envoie aux deux bouts de la terre ;Attaquons dans leurs murs ces conquérants si tiers;Qu’ils tremblent- à leur tour pour leurs propres lovers.Annihal l’a prédit, croyons-en ce grand homme :Jamais on ne vaincra les Romains que dans Rome.Noyons-la dans son sang justement répandu :
Brûlons ce Capitole où j’étais attendu :
Détruisons ses honneurs, et faisons disparaîtreLa honte de cent rois, et la mienne peut-être;
Et, la flamme à la main, effaçons tous ces nomsQue Rome y consacrait à d’éternels affronts.
Yoilà l’ambition dont mon âme est saisie.
Ne croyez point pourtant qu’éloigné de l’AsieJ’en laisse les Romains tranquilles possesseurs :
Je sais où je lui dois trouver des défenseurs;
Je veux que, d’ennemis partout enveloppée,
Rome rappelle en vain le secours de Pompée.
Le Partlie, des Romains comme moi la terreur,Consent de succéder à ma juste fureur ;
Prêt d’unir avec moi sa haine et sa famille,
11 me demande un fils pour époux à sa fille.
Cet honneur vous regarde, et j’ai fait choix (le vous,Pharnace : allez, soyez ce bienheureux époux.
Demain, sans différer, je prétends (pie l’auroreDécouvre mes vaisseaux déjà loin du Bosphore :
Vous, que rien n’y retient, partez dès ce moment,
Et méritez mon choix par votre empressement ;