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Théâtre complet : précédé d'une notice / de J. Racine
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IPI un UNIE.

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Je reçus et je vois le jour que je respire,

Sans que mère ni père ait daigné me sourire.

J’ignore qui je suis, et, pour comble d’borreur,

Un oracle effrayant m’attache à mon erreur,

Et, quand je veux chercher le sang qui m’a fait naître,Mc dit que sans périr je ne me puis connaître.

noms.

Non, non; jusques au bout vous devez le chercher.

Un oracle toujours se plaît à se cacher ;

Toujours avec un sens il en présente un autre :

En perdant un faux nom vous reprendrez le vôtre.

C’est là tout le danger que vous pouvez courir;

Et c’est peut-être ainsi que vous devez périr.

Songez (pie votre nom fut changé dès l’enfance.

iiim'iutÆ.

Je n’ai de tout mon sort que cette connaissance;

Et ton père, du reste infortuné témoin,

Ne me permit jamais de pénétrer plus loin.

Hélas ! dans cette Troie où j’étais attendue,

Ma gloire, disait-il, m’allait être rendue :

J’allais, en reprenant et mon nom et mon rang,

Des plus grands rois en moi reconnaître le sang.

Déjà je découvrais cette fameuse ville.

Le ciel mène à Lesbos l’impitoyable Achille :

Tout cède, tout ressent ses funestes efforts;

Ton père, enseveli dans la foule des morts,

Me laisse dans les fers à moi-même inconnue ;

Et, de tant de grandeurs dont j’étais prévenue,

Aile esclave des Grecs, je n’ai pu conserverQue la fierté d’un sang que je ne puis prouver.

noms.

Ali! (pie, perdant, madame, un témoin si fidèle,

La main qui vous l’ôta vous doit sembler cruelle !

Mais Calchas est ici, Calchas si renommé,

Qui des secrets des dieux fut toujours informé.

Le ciel souvent lui parle : instruit par un tel maître,

Il sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être.Pourrait-il de vos jouis ignorer les auteurs?

Ce camp même est pour vous tout plein de protecteursHientôt Iphigénie, en épousant Achille,

Vous va sous son appui présenter un asile ;